Événement

Retour sur la 24ème édition du Salon des Entrepreneurs

Publié le 6 mars 2017 par Nicolas Gerchenzon
8 min.
Début octobre, notre petite rédaction recevait un email du service de communication des Echos Solutions nous interrogeant sur un potentiel partenariat avec le Salon des Entrepreneurs. Heureusement surpris, vu la taille de notre lectorat, nous finaliserons un mois et demi plus tard un partenariat média pour couvrir les 4 éditions (Paris, Lyon, Marseille et Nantes) du plus gros salon entrepreneurial de France qui accueille au total plus de 100 000 visiteurs par an.

Paris, station Porte Maillot, la foule se presse dans les couloirs du métro. On aurait pu se croire un soir de match à l’approche d’un stade à ceci près qu’il était 9h, le dress-code était plutôt « smart » et que je me dirigeais vers le Palais des Congrès pour le salon des Entrepreneurs.

Logo Salon des Entrepreneurs

Luxe rare, j’évite la queue grâce au statut « Presse/ bloggeurs », puisque cette année, Les Petits Entrepreneurs sont partenaires média de l’évènement. Je vous passe la joie de voir notre humble logo trôner sur les banderoles aux côtés des mastodontes habituels et autres médias mainstream. Badge VIP en poche, je m’apprête donc à couvrir le premier des 4 évènements que nous nous sommes engagés à vivre et relayer (Lyon, Marseille et Nantes seront les prochains) en échange d’un peu de visibilité, le genre de troc qu’on prend avec plaisir !

Des pitchs de jeunes entrepreneurs

Première étape du marathon, un rendez-vous sur le stand de Pépite France pour un « crash test » entrepreneurs.

Pépite, c’est la structure qui porte le statut national Étudiant-Entrepreneur. Il y en a 29 en France, et le statut est en plein essor, offrant aux étudiants la possibilité d’entreprendre dans des conditions privilégiées tout en bénéficiant d’un accompagnement (cf. article « Etudiant-Entrepreneur : Aveline surfe sur la tendance »).

Pendant une heure, j’ai donc assisté, en binôme avec un responsable du Réseau Initiative France, au pitch de jeunes entrepreneurs pour 4 projets très distincts : des lunettes vintage recyclées, une plateforme d’artisanat africain, en passant par la robotique pour finir avec un services de relooking. Certains projets étaient mûrs et bien ficelés, d’autres beaucoup moins, encore au fameux stade de l’idée. Mais peu importe l’état d’avancement, ces jeunes entrepreneurs bouillonnaient tous d’une belle énergie, d’une forte envie d’aller de l’avant et de confronter leur projet au public.

« Natural Born Entrepreneurs », c’est ainsi que l’un des étudiants que nous avons encadré cette année à l’IUT de Sceaux dans le cadre d’une la licence Pro nous définit sa génération. Là où entreprendre était une vocation assez rare et unique il y a encore une quinzaine d’années, cette alternative est presque considérée d’office aujourd’hui par les jeunes. Il sera de plus en plus naturel de les voir défendre avec brio leurs idées et concepts.

Des témoignages de grands entrepreneurs

À l’issu du crash test, j’ai filé dans le grand auditorium pour prendre en cours la conférence phare de la journée : « Osez la croissance ! Ces entrepreneurs qui réveillent la France ».

Le gratin des entrepreneurs à succès était « on stage » (on bascule en mode startup franglais) : Marc SIMONCINI (fondateur de Meetic), Frédéric MAZZELLA (fondateur de Blablacar), Ilan BENHAIM, (co-fondateur de Vente Privée) pour ne citer qu’eux. Alors quand on connaît le succès de ces entrepreneurs, leurs paroles empreintes d’expérience font rêver le parterre de petits entrepreneurs ambitieux qui lancent leur activité.

Il y a beaucoup de dispositifs d’aides aujourd’hui et la France est en ce sens un paradis pour startup. Il faut donc en profiter, c’est une période propice à l’entrepreneuriat.

Pour Frédéric MAZZELLA, LA condition clé pour une association réussie est« d’avoir la volonté de passer des montagnes ensemble et peut être pendant plus de 10 ans ». Pour Ilan BENHAIM, la France est un terreau d’exception pour entreprendre, « il y a beaucoup de dispositifs d’aides aujourd’hui et la France est en ce sens un paradis pour startup. Il faut donc en profiter, c’est une période propice à l’entrepreneuriat. »

Salon des Entrepreneurs - Le Grand Débat : Même pas peur ! Qui sont ces entrepreneurs qui osent tout ?

La phrase de conclusion reviendra à Marc SIMONCINI qui semblait un peu lassé, j’imagine, de se voir poser tout le temps les mêmes questions. Quand on lui demande pourquoi entreprendre, il répond : « si vous pensez que ça peut vous rendre plus heureux, alors faites-le ! ». La déclaration, si elle semble simple, n’est pas simpliste pour autant. En effet, entreprendre n’est pas une solution absolue aux problèmes de l’emploi, ou encore une garantie de « plus d’argent » et « moins de galère ». Il y a dans ce choix une motivation profonde qui doit, d’une façon ou d’une autre, transiter par une certaine idée du bonheur. L’entrepreneur qui vit son aventure comme une contrainte, un sacerdoce ou encore une obligation économique n’a en effet que peu de chance de perdurer.

Applaudissements, rideau. Next !

À la découverte des acteurs du développement entrepreneurial

De retour dans l’antre, j’entame ma promenade et déambule dans les allées, où une multitude de stands et d’acteurs se rangent et s’animent. De nombreuses problématiques entrepreneuriales sont abordées, et les fournisseurs de solutions s’agitent dans leurs espaces : les banques et assurances assurent leur présence éternelle ; les formations entrepreneur se multiplient, tout comme les solutions de financements qui connaissent ces dernières années une vraie réinvention ; enfin de nombreux éditeurs de logiciels présentent et défendent leurs propositions.

Soutenir et orienter

Mon attention sera portée sur ceux qui oeuvrent pour le développement de l’entrepreneuriat en France. De plus en plus nombreux, souvent dans le cadre de structures associatives, ils se distinguent par champs d’actions bien spécifiques.

Basée dans une ancienne filature reconvertie en une pépinière d’associations pour l’entrepreneuriat, on retiendra la Fondation Entreprendre dont la mission est de soutenir des associations de terrain portant des projets en faveur de l’entrepreneuriat. On retrouve dans ce lieu, superbement rénové par ailleurs, les associations 100.000 Entrepreneurs, Entreprendre Pour Apprendre, ou encore le fameux Réseau Entreprendre pour ne citer qu’eux.

Acteurs de l’orientation, on mentionnera ensuite, La Fabrique à Entreprendre, une initiative de la Caisse des Dépôts qui consiste à fédérer et renforcer la visibilité des acteurs et dispositifs d’aide aux créateurs d’entreprises. Il s’agit donc de bien orienter les porteurs de projets avec notamment de l’aide auprès des différents réseaux d’accompagnement.

Je découvre également Coopérer Pour Entreprendre, le premier réseau de coopératives d’activité et d’emploi (CAE) en France. Ces CAE sont de plus en plus populaires car elles permettent aux entrepreneurs de lancer leur activité dans un cadre sécurisé en ayant un statut de salarié.

Femmes entrepreneures

Je termine ma tournée en tombant sur deux réseaux de femmes entrepreneures, presque surprises de me voir aller leur demander des renseignements. Action’Elles, une association de plus de 500 femmes entrepreneures sur Lyon et Paris, a pour objectif de les accompagner dans la création et le développement de leurs entreprises. Force Femmes, une autre association aux mêmes contours, se focalise quant à elle sur les femmes de plus de 45 ans. À consulter !

Des espaces thématiques à découvrir

Je continue mon périple et arrive dans la « Startup Factory » qui, contre toute attente, est dédiée aux startups. Elle aborde des problématiques à ces jeunes pousses : incubateurs, accélérateurs, espaces de coaching, video training, etc. Dans le fond de l’espace se déroulait le « Marathon Pitch », un espace où de jeunes fondateurs présentaient en 3 minutes leurs projets aux visiteurs.

Networking tout en souplesse

Je me dirige ensuite vers l’espace « Networking/ Détente », le plus sympathique et résolument le plus humain. Plusieurs ateliers de rencontre sont organisés pour permettre aux entrepreneurs d’échanger et de se créer des opportunités. Victimes de leur succès, il faut s’armer de patience pour participer. L’espace détente donne le sourire : un mur d’annonces se transforme peu à peu en une oeuvre picturale colorée, des gens se relaxent dans de gros poufs, casques de réalité virtuelle sur le chef, et n’oublions pas cette personne pédalant sur un vélo pour… mixer des fruits et faire un smoothie  !

Salon des Entrepreneurs - Flash business meeting

Thématique … politique

Salon des Entrepreneurs - Emmanuel MacronEntre temps, j’ai pu croiser tour à tour Emmanuel MACRON puis Benoît HAMMON, entourés d’une nuée de journalistes et de caméras. J’ai eu droit, sans le vouloir, à un face à face avec le premier. Pourtant bien chargé de questions à lui poser pour nos petits entrepreneurs, la bousculade ambiante empêchera toute discussion, et m’obligera donc à repousser l’interview du siècle. Période électorale oblige, le salon aura eu droit au grand défilé avec la veille, les visites de François HOLLANDE, François FILLON ou encore Marine LE PEN.

La fermeture approche, j’en profite pour faire un tour à l’espace VIP. Décoration soignée, lumière tamisée, je m’accorde un court instant de répit pour boire un verre et me mettre deux, trois petits fours (douze) tout en terminant de prendre mes notes.

Une édition parisienne qui tient ses promesses

Cette 24ème édition du salon des entrepreneurs ne fait que confirmer l’omniprésence de l’entrepreneuriat en France. Qu’il s’agisse d’engouement ou de nécessité, l’intérêt des français pour la chose est croissant. Les chiffres évoquent 64 000 créateurs et dirigeants d’entreprises venus arpenter les allées du salon et la densité constatée dans les allées confirmera sans peine cette affluence. On constate également que le nombre d’acteurs et de dispositifs explosent, assez logiquement, et réussissent à remplir deux étages du Palais des Congrès de Paris : plus de 2 000 experts présents sur plus de 300 stands et 200 conférences/ateliers thématiques. Difficile de ne pas y trouver son compte.

Un vitalité impressionnante. Une débauche de choix et d’alternatives pour les entrepreneurs qui devront donc s’y retrouver dans cette masse d’acteurs qui voient dans le phénomène une opportunité incontestable.

Plus d’entrepreneurs, plus d’acteurs, … plus de labeur

Ce constat nous conforte dans notre mission première : orienter les entrepreneurs et les aider à sélectionner les meilleurs outils, réseaux et informations pour leurs activités. Par ailleurs, il nous semble plus que jamais, que c’est via les recommandations de leurs pairs que ces choix se feront. Sans prophétiser la fin des organes soutiens de l’entrepreneuriat, on constate qu’à mesure que les acteurs et fournisseurs de solutions se multiplient, l’impression de n’être qu’un prospect potentiel grandit tout autant. Le capital confiance s’en trouvera probablement réduit proportionnellement, dans une moindre mesure, le doute généré et la peur de faire « le mauvais choix » s’accentuera. Demain, c’est donc les entrepreneurs eux-mêmes qui seront les justes prescripteurs. On ne saurait que vous recommander de tester top listes, notre première application, qui fait la part belle aux entrepreneurs et leur donne toute liberté pour recommander ou déconseiller outils, acteurs et sources d’informations pour ne citer que ces dimensions.

Je vous recommande vivement un passage sur ce salon. La diversité est telle que vous repartirez à coup sûr avec une belle trouvaille en poche et de belles rencontres. L’idéal pour être efficace étant de bien préparer sa venue en repérant, en amont, les conférences/animations/acteurs qui vous intéressent. La prochaine édition aura lieu à Lyon les 13 et 14 juin et nous aurons le plaisir de rencontrer les lyonnais sur notre stand Les Petits Entrepreneurs ! On espère que vous serez nombreux à venir nous voir.