Actu & Tendances

Entrepreneurs sans vergogne ?

Publié le 7 mars 2016 par David Délis
La Rédac a réagi à l’article de Dynamic-mag.com : « Peut-on être entrepreneur et philanthrope ? » de janvier 2016. Le sujet est inévitablement amené à se développer ces prochaines années. Dans un monde qui manifeste de plus en plus sa souffrance vis à vis d’un capitalisme guerrier qui l’accule, de nouveaux modes de collaboration et d’implication émergent. On n’est pas encore au pays des bisounours, mais certains entrepreneurs ont clairement décidé de donner du sens à leurs actions philanthropiques.

Le billet fait état des deux mastodontes du méga don, j’ai nommé Bill et Mark. Microsoft et Facebook font beaucoup d’argent, mais ils en lâchent aussi énormément : presque 100 milliards à eux deux pour des causes qu’on ne saurait qualifier de mauvaises. Sont-ils la source d’inspiration des 75% d’entrepreneurs se lançant dans le mécénat ? Assurément non. Sans en être choqué, avouons que la très large majorité d’entre-eux, même si l’auteur semble l’oublier, sont avant tout drivés par l’infâme carotte de la défiscalisation. C’est qu’avoir l’air généreux offre des avantages concrets aux entreprises : ça fait bien, et tu paies moins (d’une certaine façon). Bref, pour boucler des problématiques budgétaires et financières, et redorer son blason - parfois terni par de trop beaux bénéfices - ces petits dispositifs ont toujours été une aubaine.

Tous des salauds ?

Non ! L’objet du papier, c’est bien de montrer que de plus en plus d’entreprises et d’entrepreneurs s’engagent dans ces bonnes actions, et plutôt à coups de milliers d’euros que de pièces jaunes. Mais là où l’on serait toujours tenté de dire que toute action non désintéressée ne vaut pas grand chose, l’auteur nous évoque d’autres formes d’implications.

[…] De fait, certains entrepreneurs consacrent aussi de leur temps […] ils s’investissent personnellement en amenant leurs compétences professionnelles […]. Ils s’accordent un droit de regard sur la « qualité » du projet humain qui leur est présenté.

On ne saurait en effet ignorer ces nouveaux entrepreneurs, ces représentants d’une nouvelle génération qui rompent objectivement avec les anciennes pratiques. La philanthropie, qui précède la solidarité, est envisagée de plus en plus comme une force au service de la société comme l’analysait Francis CHARHON dans son ouvrage1 sur le sujet. En route pour l’implication humaine, une espèce de dépassement motivée par autre chose que la thune.

Au risque d’être naïfs, c’est une tendance qu’on aime chez Les petits entrepreneurs. Et à vrai dire, c’est surtout une tendance qu’on souhaite développer et motiver au travers de nouvelles formes de collaborations, épaulées par des fonctionnalités de mise en relation simples. On est d’ailleurs en train d’imaginer notre application/évènement « Solidating » : une sorte de date2 solidaire entre ceux qui ont des problèmes et ceux qui ont décidé d’offrir du temps pour aider concrètement d’autres entrepreneurs (cf. articles connexes : « Petit test entre amis : et après l’apéro ? »).

Si l’article ne bouscule pas totalement les idées reçues, les derniers paragraphes dévoilent un mouvement qui va exploser dans les décennies à venir. Nhésitez pas à creuser le sujet. Le monde entrepreneurial est en quête de sens et d’humanité. En bref, la figure de l’entrepreneur ultra libéral et mercantile est aujourd’hui à remettre en cause, et il est urgent que les médias de masse abordent ces sujets bien plus fréquemment pour mettre en valeur ces alternatives inspirantes.