Revue de Presse

Hissez haut, travailleurs indépendants !

Publié le 3 juin 2016 par Garance Dansette
Cette semaine on prend le large, et on navigue entre une Commission Européenne collaborative, un Facebook partisan, des cadres qui n’ont pas le pied marin, un freelance qui n’est pas une poule mouillée, et un indépendant qui ne veut plus que l’on ferme les écoutilles.

Se jeter à l’eau

Quand on fait le grand saut, c’est jamais sans appréhension, parce qu’on est quand même conscient des risques, d’autant plus quand la responsabilité du bien-être d’autres personnes est relative à soi. Souvent, les premiers mois sont assurés par les allocations chômage, mais encore faut-il maîtriser les différentes combines proposées par Pôle Emploi1. Ainsi le plus important avant tout serait de se construire un réseau de travailleurs indépendants avec qui vous pouvez échanger, et qui pourra vous aidez à trouver vos premiers clients. Puis notre freelance poursuit sur ce qui a fait son “succès” : le refus du travail et l’acceptation d’une mission qui l’a obligé à « se bouger les fesses ».

L’article : Se lancer en freelance quand vous êtes le seul revenu de la famille (Freelanceboost.fr, Jérémie KNOPS, mai 2016)

Un pied à terre, l’autre en mer

Ça serait enfoncer une porte ouverte que de dire que la tendance est au freelancing. Et pourtant, ce n’est pas une option qui semble séduire tout le monde… Et en particulier les P.I. (Professions Intellectuelles) et autres cadres. Le noeud réside dans le fait que leurs aspirations sont contraires : ils ne veulent plus travailler sur le long terme pour une seule entreprise, mais refuse tout de même d’abandonner le statut de salarié. Car être travailleur indépendant est souvent associé à l’insécurité. Étonnant venant d’une catégorie de travailleurs qualifiés et mieux armés pour affronter ce statut d’indépendant. Une vidéo de deux minutes, suppléée d’un article.

La vidéo : Les cadres veulent être indépendants mais pas volages ( BFM TV, Nina GODART, 31 mai 2016)

La Commission Européenne au taquet

La Commission Européenne a commencé à s’interroger sur l’économie collaborative. Et notamment à propos des plateformes de services à l’image d’Uber et Airbnb, ce qui fait écho à la requête de l’Urssaf contre Uber (cf. article connexe : En voiture Simone !). Le flou qui existe jusqu’alors à ce sujet a conduit les pays européens à adopter des postures inverses ; celle de la France est plutôt limitative, contrairement à celle de la Finlande. Concernant le statut des travailleurs de ce secteur atypique, qui oscille entre salariat et indépendance, la Commission semble vouloir laisser pour le moment l’arbitrage aux États membres, leur conseillant toutefois, de définir au préalable les éléments déterminants relatifs à la nature de la relation de travail. Il n’empêche que les futurs avis rendus par la Commission ainsi que le très attendu verdict de la Cour de justice de l’Union Européenne pour statuer sur le cas Uber (une plateforme numérique ou un prestataire de service), influenceront la législation à venir sur l’économie collaborative.

L’article : Bruxelles veut un accueil uniforme des Uber et autres Airbnb (Euractiv.fr, Jorje VALERO, 1 juin 2016)

Le coup de barre de Facebook

Le coup de gueule d’un entrepreneur contre Facebook. On y apprend que ce dernier fait du favoritisme concernant les applications, afin de protéger ses rouflaquettes que sont Tinder ou Happn. Le réseau social empêchait tout bonnement Julien a promouvoir les publications de sa page pour une application de dating. Cette application s’appelle Swish sa particularité est qu’elle propose de faire matcher des personnes autour d’activités communes, comme faire du sport ou boire un café ou même juste chiller2. Plusieurs paliers ont été atteints : tout d’abord Facebook refuse de promouvoir les publication de Swish. Par la suite, l’argument de ce refus avancé par Facebook était que l’une des composantes de leur application ne leur convenait pas et donc qu’il fallait la modifier. Enfin, un mois plus tard, la sortie d’une application de rencontre partenaire de Facebook, qui ressemble peu ou prou à Swish. De quoi faire rager plus d’un. Et de soulever un millier de questions quant à l’impartialité et l’intégrité de Facebook…

L’article : #Tribune : Comment Facebook m’a empêcher de communiquer sur mon app à un moment crucial (Madyness, Julien STEINITZ, 31 mai 2016)

C’est pas encore tout bleu !

Dominique, consultant freelance en informatique, est dans une situation dans laquelle de nombreux travailleurs indépendants peuvent se retrouver, ce qui lui a donné envie d’écrire une véritable tribune pour la dénoncer. Cette situation, c’est celle où l’on vous demande de dire que vous êtes salarié de la société qui a fait appel à vous, ou du moins de faire comme si. Cette pratique s’observe notamment dans les Entreprises de Services du Numérique (ESN ou SSII). Une certaine omerta est de mise, on ne doit pas savoir qui est indépendant ou ne l’est pas. Et généralement, le secret n’est pas tenable très longtemps. Et c’est la cerise sur le gâteau : même si le pot aux roses est dévoilé, la politique de l’autruche est de mise. On ferme les yeux . Et à Dominique de nous rappeler que de se taire, c’est aussi collaborer.

L’article : Être Freelance en informatique, une sinécure ? ( LinkedIn Pulse, Dominique GEFFARD, 2 février 2016)