Événement

I share OuiShare

Publié le 6 juin 2016 par Mickaël Délis
LPE a passé une journée au OuiShare Fest pour son édition 2016. C’était tellement bien qu’on veut tout vous raconter. Pour vous faire baver, pour vous donner envie, mais aussi et surtout pour partager, parce que c’est aussi inspirant qu’important et que tout ou presque de ce qui est défendu là-bas est promu et mis en avant par Les Petits Entrepreneurs.

En ce joli samedi 21 mai 2016 - oui, il y a eu une journée de beau temps ce printemps, et c’était celle-là ; qu’on y voit un signe céleste évident à la faveur de cet évènement ne fait pas l’ombre d’un doute - se tenait à Paris une des plus réjouissantes initiatives socio-entrepreneuriale. De quoi intriguer et attirer Les Petits Entrepreneurs, toujours à l’affût des meilleures initiatives. Pour sa quatrième édition, le OuiShare Fest s’est à nouveau emparé du Cabaret Sauvage pendant toute une semaine et clôturait ses denses journées d’incubation entre pros par un 10h-18h en libre accès afin de faire découvrir le meilleur de la créativité collaborative à tout un chacun. Sous le chapiteau de ce cirque bien connus des noceurs parisiens et sur les immenses terrasses voisines aménagées spécialement pour l’occasion se sont réunis plusieurs dizaines d’acteurs économiques et sociaux mus par un objectif commun de solutions responsables et humanistes. Résoudre les défis contemporains de productions, préserver tout à la fois le groupe et l’individu, inscrire chaque démarche dans un souci à la fois social et écologique sans pour autant renoncer à créer de la richesse, c’est possible. Petit compte rendu des errances de possibles futurs OuiSharers.

Shining sun for a bright New World’s day

Il fait beau. Les espadrilles et les bermudas ont fait un putsch sur l’ensemble des garde-robes du grand Paris. Et les sourires sincères irradient les visages de toutes celles et ceux qui nous accueillent. Un accent néerlandais nous explique où nous sommes, des notes hispanisantes prennent le relais pour présenter de façon limpide le programme du jour, et un duo anglo-français souhaite la bienvenue pour finir. Le ton est estival, généreux et international. Quand on ne foule pas le parquet du cirque, c’est dans du sable clair que l’on pose ses pieds. L’ambiance et l’esprit sont définitivement bons. « Je rêvais d’un autre monde », c’est la thématique du jour. Et celui dans lequel on s’aventure a de fait tout d’une perspective onirique.

A l’intérieur du cirque, le programme et le plan du OuiShare sont affichés en grand. On le prend en photo car il n’existe pas de version papier. C’est une journée zéro déchet. Donc inutile de chercher quelque dépliant que ce soit. On fait marcher la fonction mémorielle de sa cervelle, ou les neurones de son i-phone camera pour les plus feignants. Une scène, un parterre de chaises pour les spectateurs, des grands écrans sous le chapiteau, et au dehors, un studio de rencontre, un lab, des containers pour des ateliers, une tente géante avec des stands entrepreneurs, des spots de nourriture bio et équitable, des enseignes inspirées - MAIF, CASTORAMA - et tout plein de gens avec des barbes de trois jours, des lunettes de hipsters ou des robes en coton American Apparel. Ça sent un peu l’élite bourgeoise nourrie aux bonnes écoles, mais comme tout le monde est ici réuni pour le bien d’autrui, on oublie vite ce petit détail de classe et on espère juste que les voisins de Pantin et de Paris XIXème seront aussi curieux que les héritiers d’un néo marxisme à la sauce bac + 5 intra-muros. (Vous noterez que nous passons sous silence à la fois nos gueules de barbus simili hype et nos CV d’ex prépas repentis).

Firework for Inspired Workers

Le programme affiché en grand achève de défoncer les menus préjugés sur le mono profil des larrons convoqués. C’est un feu d’artifice de conférences, de visites guidées, de rencontres, d’ateliers, de tables rondes. De 11h à 17h30 plus d’une vingtaine de rendez-vous sont à prendre pour les plus organisés. « Le lien social comme pilier de l’activité de mon entreprise », « agir pour réduire son empreinte », « faire soi même pour retrouver du sens », « renouveler d’urgence la démocratie » voilà en vrac quelques uns des grands axes que tous les hôtes rassemblés en ce jour nous proposent d’explorer à coup d’applications simples et révolutionnaires, de concepts neufs et de sites réellement intuitifs.

Au gré de nos pérégrinations, nous vérifions à chaque instant le respect scrupuleux du planning annoncé. Ça fourmille de partout. L’accueil est invariablement souriant et enthousiaste. On tchatche avec deux porte-parole de Toogoodtogo, un appli anti gaspillage de revente à bas prix des restes et invendus promis à la poubelle. On se fait alpaguer par les initiateurs éclairés de #MaVoix qui dynamite le principe de représentation politique, on crochette par des établis du wikifab, espace tutoriels pour tout fabriquer chez soi en récupérant afin de limiter l’hyper consommation. Les représentants de HOP font une démonstration passionnante de leur projet contre l’obsolessence programmée. Hopwork expose son site et sa démarche avec force conviction. Stagiaire sans frontière intéresse, Heetch séduit, ZeroWaste rassure, mon pti voisinage enthousiasme1. La liste des propositions n’est pas exhaustive, mais pas une seule des petites ou moyennes entreprises, startup ou initiatives présentes ne manque de passionner. Et toutes collent à l’éthique des Petits Entrepreneurs qui ne peut donc que s’en faire le relais : conseils utiles, communautés solidaires, promo d’applis bien pensées et innovantes (vous ne connaissez pas encore les 10 commandements LPE?!? Mais révisez moi ça tout de suite s’il vous plait).

Free tickets for Change

Nous prenons une petite pause au jus pomme-cassis avec verre consigné et prix libre pour la boisson afin de bronzer tout en battant des mains devant tant d’énergie, de fougue et d’espoir, puis une fois les breuvages absorbés nous faisons escale à l’atelier Ticket For Change - est-il encore besoin de présenter ce site super ? - qui propose avec du papier et des crayons d’interroger ses désirs, ses ambitions et la faisabilité de ses projets orientés collaboratifs. Une demoiselle veut agir pour les migrants, un jeune homme veut mettre à profit ses compétences digitales, un couple aimerait réorienter son profit vers plus d’éthique. Chacun gribouille et réfléchit sérieusement. Puis on échange. En petit groupe d’abord. Avec tout le monde ensuite. Et nombre des participants, au bout d’une petite heure y voit déjà plus clair et mesure qu’il n’est rien qui soit impossible à réaliser dès lors que l’on a le courage de formuler son projet pour le mener à bien. Entreprendre est alors à la portée de tous, et plein d’outils - à commencer par ceux proposés par Ticket For Change - sont à dispo de tous ceux qui ont le coeur de se lancer dans cette grande aventure. Ô Joie.

Last Steps

L’heure tourne. Le OuiShare se remplit. Les Wayfarers et les Persol pullulent dans la liesse. Une musique tout ce qu’il faut de punchy vient doper les rayons du soleil. L’atmosphère est bouillante et ultra stimulante. Dernier tour avant de rejoindre les impératifs du quotidien. Et nouveau foisonnement. On découvre le réseau Mutum, qui repose sur une logique simple de prêts et d’emprunts d’objets du quotidien. On écoute religieusement les porteurs de voxe.org, un projet lauréat du Google Impact Challenge qui vise à faciliter le passage à l’engagement citoyen. On lit avec intérêt l’affiche de Sharers & Workers qui s’attaque à l’économie collaborative et au numérique en rassemblant divers acteurs du changement. Les kits de la Maker box éveillent nos souvenirs de mécano-addicted. Et Stootie s’inscrit dans la nouvelle et noble famille des applications nées pour se rendre service à l’échelle locale et de façon instantanée moyennant des rétributions raisonnables. Là encore, pas une seule proposition qui ne déçoive. Et des commandements LPE à la pelle… Lorsqu’il ne s’agit pas tout bonnement d’applications que nous envisagions de mettre en place !

Will YOU (oui)Share ?

Une chose est sûre, l’entrepreneuriat est sans conteste le meilleur ami de l’homme et son plus fidèle serviteur. Respect du groupe social, respect de la planète, respect d’une rétribution équitable à l’échelle individuelle, respect des circuits et des niveaux de production, il y a bien une alternative collaborative et humaniste à la putasserie de la bande des Panama Papers2 et aux ravages exaspérants de Monsanto3. Le OuiShare Fest en est un révélateur salutaire en plus que d’être un horizon rêvé pour qui désire s’entourer de partenaires inspirés et stimulants. On ressort des heures passées dans cet éden de Paris XIX avec un enthousiasme débordant, une confiance renouvelée en ses pairs et une envie de faire plus vive que jamais. En attendant la prochaine édition du festival et un stand LPE tout beau tout séduisant, vous pouvez éplucher le site du ouisharefest où tous les partenaires sont recensés, où les problématiques explorées sont chacune résumées et où vous pourrez en plus découvrir les compte-rendus des éditions précédentes. Veinards.