Revue de Presse

L’automne en revue

Publié le 31 octobre 2016 par Garance Dansette
Cette semaine, dans notre revue de presse, une infographie avec les très bons chiffres des espaces de coworking. Mais les bons chiffres ne sont pas le cas pour tout le monde, comme on le voit avec les petits commerçants, artisans et prestataires de service. Ensuite, un petit résumé orienté entrepreneuriat et travail indépendant du débat des primaires, un récap’ des mesures qui concernent - et concerneront - les petits entrepreneurs. Et des p’tits bonus !

Un bilan fructueux pour les espaces de coworking

Focus-infographie sur les espaces de coworking, qui ont été tout du long de l’année sous les feux de la rampe : et pour cause, ceux-ci ont connu une propagation spectaculaire – près de 50% en plus de nouveaux espaces cet année. Ils sont « plus grands et plus remplis » : 65% d’entre eux seraient remplis aux trois quarts (soit deux fois plus que l’année précédente), et la même proportion dispose de plus de vingt postes de travail. Une densification sociale qui se retrouve dans la forte occurrence d’ateliers et d’apéros, puisque trois quarts des espaces de coworking recensés en organisent.

Un marché en pleine forme donc, où la rentabilité est atteinte généralement au bout d’un an. Effet naturel d’une concurrence augmentée (coucou Wework en 2017), les prix sont en baisse : ils sont passé de 350 à 320 euros sur Paris. Surtout, une statistique surprise : il y a autant de salariés que d’indépendants dans ces espaces. Un bel exemple de mixité qui offre d’intéressantes perspectives – à quand la fin de notre actuel régime séparatiste ?

Et on saluera le lancement de la plateforme Cohome - pour aller travailler les uns chez les autres !

L’article : Plus grands, plus nombreux : boom des espaces de coworking en 2015(Conso collaborative, Côme BASTIN, 18 octobre 2016)

Des couleurs qui s’assombrissent

Les résultats de l’enquête de la Fédération des centres de gestions agréés (FCGA) ne font que confirmer la situation précaire de certains petits entrepreneurs. S’appuyant sur des données récoltées auprès des TPE, soumises à l’impôt sur le revenu, il s’avère que le résultat moyen annuel net est de 33 000€ 1 37. Cela peut être encore plus consternant quand on sait qu’il faut souvent diviser ce revenu par deux, du fait que ces petits commerçants, artisans et prestataires de service travaillent souvent avec leur conjoint, et qu’ils sont généralement bien au-dessus des 35 heures pour 1 375 euros par mois. La FCGA a dû, pour obtenir ces chiffres, exclure les pharmacies de sa liste. Il se vérifie en effet que les résultats moyens varient fortement en fonction des professions : en haut du panel squattent les opticiens (63 000 euros), mais aussi les tabacs-jeux-journaux (46 200 euros). Ceux qui gagnent le moins sont les coiffeurs (17 900 euros), les esthéticiennes (14 800 euros) et les tapissiers-décorateurs (18 000 euros).

L’article : Quels commerçants et artisans ont moins d’un Smic pour vivre? (L’Entreprise l’Express, Marianne REY, 18 octobre 2016)

Le marronnier des primaires électorales

Widoobiz nous offre sur un plateau un récapitulatif du débat des primaires républicaines qui s’est tenu sur le plateau de TF1 le 12 octobre. Leur analyse s’est principalement concentrée sur les aspects du programme de chaque candidat qui concernent l’entrepreneuriat et les travailleurs indépendants. Ainsi, ils ont pu dégager les principaux points de convergence ou de désaccord entre les candidats sur quatre thématiques importantes, à savoir l’augmentation de la TVA, la sortie des 35h, la baisse des cotisations salariales et sur le principe de précaution. Ils ont même extrait une punchline de chacun des discours des candidats et relevé les occurrences des mots « entrepreneur », « startup », « freelance » et « indépendants », et c’est François Fillon et Nathalie Kosciuko-Morizet qui obtiennent le prix de leur plus grande utilisation.

L’article : Bilan de la primaire de droite : voici ce qui les divise sur le volet économique (Widoobiz, Tancrède BLONDE, 13 octobre 2016)

Se mettre à l’heure d’hiver

Il n’est jamais trop tard pour se mettre au goût du jour concernant le statut de l’auto-entrepreneur, qui a subi de nombreuses modifications au cours de l’année 2016.

La première est fiscale, puisque les plafonds autorisés de chiffre d’affaires pour 2017 seront de 82 300€ pour les activités de vente et 32 900€ pour celles de service.

Au niveau social, il faut s’appuyer sur la loi El Khomri. Celle-ci demandera aux nouvelles entreprises du type Uber ou autre une certaine prise en charge des travailleurs indépendants, notamment pour les accidents de travail. Autre évolution de taille avec la loi Pinel, la possibilité pour les micro-entrepreneurs de commencer à cotiser alors même qu’ils ne dégagent pas encore de chiffre d’affaires, ce qui signifie qu’ils peuvent être couverts dès le départ.

Sur le plan juridique, c’est à la loi Sapin II qu’il faut s’en remettre. Tout d’abord, le délai actuel de douze mois pour les micro-entrepreneurs pour ouvrir un compte différencié de dépenses personnelles (sans qu’il soit nécessairement un compte professionnel) sera réduit. Il y a aussi un changement majeur pour les activités artisanales : désormais, il y a possibilité pour un boulanger de devenir pâtissier, ou pour un peintre de se reconvertir en plâtrier. Autrement, le stage qui devait obligatoirement être effectué avant l’immatriculation bénéficiera d’une rallonge de trente jours à partir de l’immatriculation au CFE.

La plupart de ces modifications apparaissent comme étant favorables aux entrepreneurs, mais il y a des exceptions, comme le durcissement des conditions d’obtention d’un temps partiel lorsqu’on est salarié et que l’on veut se lancer dans l’auto-entrepreneuriat. En effet, les PME de moins de trois cents salariés pourront plus facilement refuser ce temps partiel, notamment s’il y a déjà trop de contrats à temps partiels dans l’entreprise.

L’article : Auto-entrepreneurs : les nouvelles et futures réformes du régime (Netpme.fr, Melissa CARLES, 13 octobre 2016)

Des annonces pour le printemps

Encore une poignée de changements proposée par le projet de loi de la Sécu début octobre, cette fois-ci sur les cotisations, et ce pour trois profils de travailleurs indépendants :

  • Ceux qui ont des revenus annuels inférieurs à 27 000€ verront leur cotisation assurance-maternité baisser de 6,5% à 3%, ce qui concernerait 1,8 millions de personnes.

  • Par contre, pour seuls les chômeurs se lançant dans l’activité entrepreneuriale et qui ont moins de 38 616€ la première année pourront dorénavant bénéficier de l’exonérations de cotisations sociales.

  • Les particuliers qui louent leur logement et leur voiture, notamment via les plateformes que l’on connaît bien : le seuil a été fixé à 23 000€ pour les revenus provenant de la location de votre appartement (le seuil pour les voitures reste encore à fixer, mais il devrait tourner autour des 3 800€). On doit alors payer les cotisations sociales. Si le revenu est inférieur, c’est un revenu du patrimoine, donc soumis au 15% de prélèvement.

L’article : Cotisations Sécu : indépendants, créateurs d’entreprise, Airb’n’b… Ce qui change (Lci.fr Laurence VALDES, 29 septembre 2016)

P’tits bonus

  • Cela ne traite pas directement du petit entrepreneur, mais l’implique quand même : cet accord de libre-échange avec le Canada qui donne encore plus de pouvoir aux multinationales.

  • Pour ceux qui seraient passés à côté de ce coup de gueule poignant d’un entrepreneur qui vient de jeter l’éponge.

  • Un petit guide des plus officiels sur l’Economie Sociale et Solidaire.