Revue de Presse

L’échappée belle

Publié le 6 mai 2016 par Garance Dansette
Au programme du week-end : entre deux roulades dans les prés, une restructuration profitable de sa stratégie de communication, un menu doute sur le caractère entrepreneurial de Macron, la présentation de de la parfaite panoplie d’un travailleur concentré et un coup d’oeil relativiste aux tribulations d’une coopération parfois tragique entre un chef d’entreprise et un freelance.

Grandes éclaircies, petit vent, petit soleil, grand vent.

Cette semaine, on vous emmène à la campagne, et on agrémente cette villégiature d’articles bien fleuris, car oui, le mois de mai ne va jamais sans fleurs !

N’allez pas vous perdre dans les champs

Geoffrey BRUYÈRE, co-fondateur de Bonne Gueule, un site devenu une référence dans la mode masculine au bout de neuf ans, nous raconte minutieusement et avec discernement, les pièges à éviter quand on lance sa boîte, surtout au niveau de la communication. Il nous détruit les grands mythes, tels que la nécessité d’être présent sur l’ensemble des réseaux sociaux, ou de participer à des concours startup et entrepreneuriat, ou tout simplement de dépenser de l’argent dans la communication trop rapidement. Et au final, il permet d’économiser pas mal d’énergie et donc de se concentrer sur son coeur d’ activité.

L’article : 5 conseils à ne pas suivre quand on monte sa petite entreprise ( Wizbii, Sophie Lebel et Geoffrey Bruyère, 2 mai 2016)

Macron n’y va pas par quatre chemins

Voici un article, écrit par le président du Club des Entrepreneurs, qui érige Macron en parfait défenseur des entrepreneurs. Selon lui, il semble qu’il fait tout pour protéger, et même développer le terreau entrepreneurial français : faire sauter les barrières à la création, alléger les charges des entreprises et j’en passe. Mais ce que développe surtout l’auteur, c’est que l’attitude de Macron est elle-même entrepreneuriale. Il bouscule l’ordre établi, accueille fermement les nouvelles évolutions du travail et de l’entreprise. Soit, mais qu’est-ce qu’un esprit entrepreneurial ? Pour en savoir plus, on a trouvé sur le blog pourquoi-entreprendre.fr une explication triviale des « quatre piliers de l’esprit d’entreprendre » : la Vision (Macron est un politique, espérons qu’il en a une), la Motivation (Macron ne lâche pas le morceau), la Résilience (Macron retombe toujours sur ses pattes) et la Connexion (Macron a du réseau). Donc selon ces critères, pour Guillaume, on pourrait dire que Macron est un entrepreneur. Nous, on rajouterait bien à la liste quelque chose comme l’intégrité - le fait de s’identifier personnellement à son projet, de s’y lier étroitement, de le respecter. Alors Manu, intègre ?

L’article : Macron, entrepreneur de la politique ( Les Echos, Guillaume Cairou, 28 avril 2016)

Laissez un peu votre esprit battre campagne !

« Travailler plus pour glander plus » - Si le titre de l’article en question ne semble guère adéquat à l’esprit vaillant du petit entrepreneur, avant de vous indigner, laissez-moi vous expliquer pourquoi je vous le propose à la lecture. L’article s’adresse plutôt aux salariés, et propose, non sans humour et ironie, toutes les petites astuces pour paraître tel un acharné du travail auprès de vos collègues et votre hiérarchie. À la lecture des différents artifices proposés, je les ai surtout trouvés adaptés à une problématique que bon nombre d’indépendants connaissent : que l’on soit en bureaux partagés, dans un espace de coworking ou à la maison avec son chat, on a souvent du mal à conserver sa concentration intacte à cause des multiples sollicitations extérieures. Ainsi, ne faudrait-il pas stratégiquement paraître tout à ce qu’on fait ? Au risque de devenir un poil antipathique, mais c’est pour la bonne cause !

L’article : Travailler plus pour glander plus ( le Monde, Nicolas Santolaria, 25 avril 2016)

Quand les indépendants sont en rase campagne

Voici un papier de Challenges qui retrace les déboires de la relation d’Arthur, chef d’entreprise, avec des freelance, et autres fiers travailleurs indépendants. Plus précisément, suite à la fin inopinée d’un projet, la longue et harmonieuse entente avec l’un d’eux s’est rompue parce que monsieur freelance l’a « traîtreusement » emmené aux Prud’hommes pour requalifier son contrat de travail. Et il a gagné. Résultat des courses : 140 000 € de condamnation.

C’est bien sur ce point que s’axe l’article : les sanctions encourues pour requalification1 sont trop lourdes, alors qu’en parallèle le nombre de situations « à risque » ne fait qu’augmenter depuis la création du statut de l’auto-entrepreneur en 2009 et l’émergence de l’économie collaborative. Cerise sur le gâteau, le droit reste très flou sur le sujet, et c’est finalement l’interprétation du juge qui prime dans la décision de la cour.

On peut avoir l’impression que l’orientation de l’article donne le bon rôle au dirigeant d’entreprise et le mauvais au travailleur indépendant. Mais en fin de compte, ce sont bien les deux qui pâtissent du « climat de méfiance (et de défiance) » qui peut potentiellement naître de ces potentielles situations potentiellement tendues. Tout ça à prendre avec des pincettes donc !

L’article : Travail indépendant : attention danger pour les entreprises (Challenges, Marion Perroud, 3 mai 2016)

Clin d’oeil : Vendeur de muguet indépendant ?

Inspirés par le calme de la fête du travail, certains auront peut-être l’idée de génie de devenir vendeur de muguet. De la rue, ce business à l’air bête comme chou, et après tout, pourquoi pas vous ? Sauf que ce n’est pas si simple, et les débats autour de l’illégalité de s’improviser fleuriste d’un jour ont déjà fait rage dans le temps. En réalité, devenir vendeur de muguet, c’est devenir fleuriste, un vrai petit entrepreneur passionné par la verdure et les couleurs. Établir son micro-mini-point de vente dans la rue est ainsi soumis à une législation2, elle-même adaptée par les communes, construite autour de points de tolérance exceptionnels pour ce jour sacré du travail. Ainsi, même si une cinquantaine de millions de brins de muguet sont produits chaque année en France, pour un chiffre d’affaires de 31,8 millions d’euros dont 75% se fait le 1er mai (en 2013), cette spécialisation opportuniste ne sera peut-être pas votre meilleure ambition.

L’article : Le muguet du 1er mai : tout un business (Capital, avril 2015)