Storytelling

La lumière au bout du tunnel : La Pousada

Publié le 3 mars 2016 par Nicolas Gerchenzon et David Délis
Lorsque tu te lances dans un projet à plusieurs, l’option « on bosse tous de chez soi » , n’est plus une option. Se retrouver tous les jours au même endroit est une étape importante à franchir pour concrétiser son super projet. Depuis le mois d’octobre dernier, avec Emeric, nous avons quitté nos boulots respectifs pour nous consacrer au projet LPE. Le recrutement des stagiaires a accéléré le processus, mais c’est pas si simple de trouver son nid idéal. Petit récit illustré de notre cheminement, des espaces de coworking trendy aux pépinières d’entreprises chaleureuses.

Startup + Grenoble = Tarmac ?

Nous connaissions bien les espaces de coworking locaux (Col’Inn1 et Cowork2) que nous avons pratiqué et chez qui nous aimons aller, notamment pour leurs événements. Avec l’objectif de recruter rapidement des stagiaires, nous recherchions plutôt des bureaux fermés, d’une certaine taille. La solution pépinière d’entreprises nous a donc semblé la plus adaptée. Il s’agit de structures destinées à accompagner les créations d’entreprises en mettant à disposition des locaux à tarifs préférentiels, et des services d’accompagnement pour encadrer le développement des entrepreneurs et petites structures.

Gravitant depuis plusieurs mois dans l’écosystème startup grenoblois, c’est assez naturellement que nous nous sommes orientés vers le Tarmac3, la fameuse pépinière technologique d’Inovallée4. On a pris contact, on les a rencontrés, on a adoré l’accueil de Claire et leurs locaux. On a postulé, on a soutenu devant un comité de sélection extrêmement attentif et puis on a pris une crampe.

Principales raisons avancées : notre entreprise n’est pas encore créée et nous n’avons toujours pas de démonstrateur. Haha, fair enough. Un poil déçu, mais pas vexé, on garde de bonnes relations avec eux et on ne manquera pas de participer à leurs événements. Donc … plan B, « l’autre pépinière grenobloise qu’on connaît pas ».

La Pousada : de valeureuses jeunes pousses

On a alors pris contact avec la Pousada5, une pépinière portée par une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif), dotée d’un agrément préfectoral d’utilité sociale. Ça pose le décor, un décor qu’on aime bien. On a été reçu par Lydie, Directrice Générale, lors d’une réunion d’information. La structure est située dans le quartier Mistral de Grenoble. C’est pas Beyrouth, mais c’est pas Byzance non plus. On aurait préféré la vue sur les montagnes que sur les barres d’immeubles mais l’accessibilité depuis le centre ville présente un énorme plus.

Lors de cette première réunion, étaient présents des porteurs de projets bien loin de ceux croisés au Tarmac : business de location de vans, activité de poterie ou encore fabrication de maroquinerie artisanale pour n’en citer que quelques uns. Au fil des couloirs, on croise des bureaux encore plus variés : une boîte de prod, des géologues, des Youtubeurs, des structures d’accompagnement à la création d’entreprise, des associations, un fabricant de cadres de vélo, etc. Bref, c’était le terreau idéal pour lancer notre projet au milieu de toute cette diversité de petits entrepreneurs. Cerise sur le terreau, la Pousada quittera ses locaux vieillissants au mois de juin pour un bâtiment de 1 800 m² flambant neuf, avec deux terrasses et un patio, situé à deux pas de l’actuel (et a priori, on voit un peu plus les montagnes).

Et la Lumière fut …

C’est décidé : on adhère complètement au lieu et à l’esprit. Mi-décembre, on suit les indications de Lydie. 34ème présentation de notre projet, toujours devant un grand comité très attentif, composé de personnes de la CCI, de Réseau Entreprendre, de la pépinière… quelques têtes qu’on finit par connaître.

Petit aveu, les mois d’octobre et de novembre ont été ultra denses en terme d’épreuves (cf. articles connexes : « Les petits entrepreneurs en 15 dates »). Le genre de contexte où le moindre truc positif te donne envie de chialer. On attendait ça. Et, sans suspens (pour vous), la réponse fut positive. Soleil. Lumière. Joie. 17m² à 276€/mois tout compris (hors assurance) pour une période de 6 mois renouvelables. On a déposé le matos - et les armes - le 4 janvier. Il n’y a pas de petite victoire dans la concrétisation d’un projet. La quête du bureau idéal est une grosse étape, et elle se termine dans la sérénité, tout sourire !

… et la lumière est !

Après un petit mois et demi, l’équipe sourit toujours et les bureaux s’imprègnent de notre énergie. Nous sommes aujourd’hui cinq à y travailler et six lorsque David nous fait l’honneur de descendre de sa capitale. On fait petit à petit connaissance avec les résidents, principalement le midi lorsque tout le monde déjeune ensemble. Il y a des ateliers bien pensés, des petits évènements réguliers, et un suivi sur l’avancée de notre projet. On a droit de temps à autres à quelques crissements de burnings6 et autres compet’ de wheeling7 de la part des autochtones, mais au final, aucun problème à signaler, et on finit par bien l’aimer notre petit quartier !

Une pépinière qu’elle est bien :

  • Variété des plantes présentes : de l’artisan au Youtubeur en passant par des SCOP, il y a vraiment de tout.

  • Crocs-Trocs : un déjeuner convivial ou l’on partage ses trucs et astuces par thème.

  • Tarifs adaptés : particulièrement attractifs pour des projets en démarrage.

  • Caractère social et solidaire de l’encadrement : des entrepreneurs pleins de valeurs, proches de notre conception de la solidarité entrepreneuriale.

  • 4 sites sur l’agglomération grenobloise : Mistral-Eaux claires, Villeneuve-Village olympique, Echirolles et une pépinière multi-sites

  • Pour en savoir plus : un petit déjeuner pour les curieux est organisé chaque mois. Le prochain est le 18 mars.

Une structure, un espace dédié ou des bureaux adaptés créent un cadre absolument indispensable à tout projet collectif, et regorgent également d’atouts concrets pour les indés, quelles que soient leurs activités. Passer de seul chez toi en chausson à cinq dans un bureau de 17m² tous les jours, ça te met un vrai bon coup d’engrais. On se voit déjà en joli ficus bien touffu. Il faut souvent du temps pour trouver ce bon cadre, mais les propositions se multiplient dans chaque ville de France. Testez, foncez. Quant à nous, on ne manquera pas de vous présenter les projets passionnants des résidents et autres petits entrepreneurs (et les anecdotes de notre vie quotidienne trépidante).