Revue de Presse

La revue à taille humaine

Publié le 13 mai 2016 par Garance Dansette et David Délis
De l’humain à l’entrepreneur, de l’entrepreneur à l’humain, petit tour des émotions, sensations, réactions et réflexions les plus actuelles. Au programme de notre revue de la semaine, le cas des coursiers indépendants ; l’art de se présenter sur Linkedin ; la nécessité de passer à une vision d’ensemble ; les syndicats allemands qui se battent pour le droit du travail des indés ; et Pôle Emploi toujours plus en faveur de la création d’entreprise.

Les cheveux au vent

Vous n’avez pas pu passer à côté de la phénoménale explosion de ces petits bolides à vélos dans les villes ces derniers temps. Jusqu’alors les coursiers étaient généralement considérés au travers d’une activité réglementée, salariés pour la plupart, et par exemple l’usage d’un vélo personnel n’était pas de mise1.

Cette nouvelle tendance s’inscrit plus largement dans celle de l’ubérisation, et si la vitrine est alléchante, l’envers du décor l’est moins. En effet, le vélo jouit d’une image écologique, et être coursier apparaît être une solution sympathique pour arrondir ses fins de mois : le bicycle peut être une passion, l’investissement de départ est relativement faible, c’est une activité de « plein-air » qui permet de cultiver une bonne forme physique. Mais il semblerait que le marché des « bikers » ne soit pas des plus charitables, comme le suggère l’article. Les coursiers sont sous le statut de l’auto-entrepreneur (nouvellement micro-entrepreneur), et n’ont en conséquence aucune sécurité « par défaut » : leur emploi n’est pas garanti, la protection de leur matériel est inexistante sans parler des potentiels accidents du travail. Cela abouti souvent à des situations précaires pour ces travailleurs à vélo, renforcées par l’âpre concurrence qui existe entre eux.

L’article : Entre liberté et précarité : le succès des coursiers freelance ( Maze Magazine, Roxane Thébaut, 5 mai 2016)

Les choses en main

La portée de LinkedIn dans le milieu professionnel ne cesse de s’accentuer, et il faut en prendre la juste mesure. Le réseau social professionnel est de plus en plus adapté à tous les profils d’entrepreneurs, notamment les indépendants et TPE. Nous vous avions livré l’étude réalisée sur les freelances (cf. article connexe « Linkedin fait l’inventaire de ses freelances »), riche d’enseignements, Widoobiz vous propose à son tour d’améliorer vos pratiques sur ce réseau : bien compléter son profil, caractériser les relations, veillez aux compétences décrites et mots clefs, mais aussi customiser sa page pour mieux se démarquer. Le tout est agrémenté d’une infographie, et en langue anglaise s’il vous plaît, ne vous en déplaise.

L’article : 18 astuces pour avoir un profil LinkedIn parfait (Widoobiz, Tancrède Blondet, 6 mai 2016)

Des yeux de lynx

Le constat dont est parti Jérôme HOARAU, le fait que nous évoluons dans un environnement particulièrement instable et sujet à des changements rapides, l’a amené à faire prévaloir l’importance de la « vision d’ensemble ». La vision d’ensemble serait la capacité à envisager et à s’informer des tendances globales et de la situation macro-économique. Et pour cela, Jérôme nous propose plusieurs outils, tels que les conférences Ted ou encore le suivi du cours de l’or.

L’article : Vision macroéconomique et prospective pour un entrepreneur ( Pourquoi Entreprendre, Jérôme Hoarau, 8 mai 2016)

La tête froide

Comment limiter les effets de la précarité inhérente aux statuts des freelances et travailleurs indépendants ? À force de tourner en boucle sur nos propres problèmes, on en vient presque à oublier que les sources d’inspiration sont nombreuses chez nos voisins. Equal Time chronique le cas allemand et ses 2,3M de « solo », l’équivalent de nos « indés » et autres freelances. Si le constat de la mutation du monde du travail et de l’explosion du nombre de petits entrepreneurs est le même, l’inquiétude provoquée par cette précarité est beaucoup plus vive. De fait, elle trouve là-bas de dignes combattants et représentants dans le syndicalisme. C’est ainsi que Ver.di, fédération syndicale de travailleurs indépendants, et IG Metall, fédération syndicale de l’industrie oeuvrent afin de faire prendre conscience au gouvernement de la nécessité de faire évoluer la Loi. Pas de dumping dans le monde du travail moderne ! Alerter sur le recours au faux salariat, lutter pour des honoraires minimuns propres à chaque domaine, voilà quelques exemples des enjeux de demain, ceux d’un monde qui change à toute vitesse et que la législation a définitivement beaucoup de mal à suivre …

L’article  : L’Allemagne cherche comment défendre les travailleurs de l’ère digitale ( Equal Times, Rachel Knaebel, 9 mai 2016)

L’eau à la bouche

Vous ne le saviez peut-être pas, mais Pôle emploi a lancé en juillet dernier son service Emploi Store. Vous le saviez peut-être encore moins, mais une jeune startup lancée en 2014, Managerdetalents, se focalise sur l’économie communautaire et collaborative et assure mettre en relation travailleurs (dont indépendants) et entreprises. Ils viennent de signer un partenariat, réaffirmant le positionnement de l’agence pour l’emploi en faveur des nouveaux modes de travail, tout autant que son traitement innovant, le petit entrepreneuriat en ligne de mire. Ça ne résout pas tout, mais ces actions traduisent un effort d’adéquation. Si cet effort semble lent, il reste néanmoins visible, et surtout nécessaire. Les institutions légendaires du travail doivent répondre au besoin de trouver une alternative aux CDI introuvables et aux CDD enchaînés. De quoi mettre l’eau à la bouche des plus affamés de solutions.

L’article : Pôle Emploi se rapproche de ManagerDeTalents ( Le Monde Informatique, 9 mai 2016)