Revue de Presse

La revue de la rentrée

Publié le 15 septembre 2016 par Garance Dansette
Dans notre cartable cette semaine, on a une nouvelle étude qui décrypte qui sont les indépendants créatifs français. On a aussi un rappel sur l’aide à l’embauche pour les TPE, et un paquet de promesses de la part du Premier Ministre concernant un allégement fiscal pour les entrepreneurs. On a toujours le RSI aux abonnés absents des petits commerçants, alors que Paris devient un des premiers soutiens des startups françaises...

On fait l’appel

Focus sur les 10% des freelances français, les créatifs. Ils sont aujourd’hui 70 000 créatifs indépendants, et sûrement encore plus demain. C’est pour cela que le site Creads a mené une enquête pour en savoir plus sur eux. Actuellement, un peu moins de la moitié d’entre eux sont graphistes, la moyenne d’âge est plus élevée qu’on aurait pu le penser, 37 ans, et 57% sont des hommes. 60% des créatifs indépendants se sont lancés il y a moins de cinq ans, quand seulement 8% ont plus de huit ans derrière eux. Quelle raison supposée à cette explosion ? On retrouve sans surprise la liberté dans les horaires de travail - ainsi un indé créatif sur deux travaille de 18h à minuit ; ainsi que la liberté dans le choix des projets.

Cependant, seulement la moitié de ces freelances exercent leur activité indépendante uniquement. Les autres cumulent avec une activité salariée, étudiante,… Ainsi, 78% des freelances créatifs sont inscrits sous le régime de la microentreprise, et 22% sont à la Maison des Artistes. Ils sont 95% à travailler de chez eux. Surtout, le plus important pour eux reste de trouver des clients : ils sont maintenant 60% à être inscrits sur des plateformes comme Creads ou Hopwork.

L’étude présente aussi un petit panorama des métiers créatifs les plus plébiscités : on retrouve les fameux graphistes, rédacteurs et directeurs artistiques. Mais Creads nous donne aussi des pistes moins connues : UX designers, webdesigners, etc.

L’article : Étude : qui sont les créatifs freelances français (Llllitl, 31 août 2016)

On distribue des bons points

Vous vous souvenez de l’aide à l’embauche pour les TPE ? Il ne vous reste jusqu’au 31 décembre pour franchir le pas. L’aide est constituée d’un montant de 4 000€ max, à raison de 500€ par période de trois mois d’embauche salariée. Pour y prétendre vous devez établir un contrat de travail à durée déterminée ou indéterminée, peu importe, mais de six mois au moins. Et, votre entreprise doit être de droit privé (français naturellement), et vous n’avez pas embauché au cours des 12 derniers mois.

L’info : Aide à l’embauche d’un premier salarié pour les TPE ( Service Public, Direction de l’information légale et administrative, 22 août 2016)

Un bon programme de rentrée

On nous avait annoncé une baisse progressive de l’impôt sur les sociétés, et on commence à en voir le bout de son nez. D’ici 2020, comme prévu dans le pacte de responsabilité, l’impôt sur les sociétés (IS) est censé passer de 33,3% à 28%. En voici la première étape. Venue droit des services du Premier Ministre, l’info est crédible mais encore floue.

Comme vous le savez déjà, pour les entreprises ayant un chiffre d’affaires inférieur à 7 millions et « quelques » euros, les 38 120 premiers euros sont imposés à 15%, et ensuite ça passe aux fameux 33,3%. Et bien une nouvelle tranche sera imposée à 28% - mais le plafond de cette tranche n’a point été encore révélé.

Si cela peut être une tentative de réaction face à la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, qui risque de relancer la concurrence fiscale entre eux et nous, le Medef et la CGPME restent sceptiques : la mesure ne prendra effet qu’en 2017, et puis ils se demandent si elle sera suffisante.

Cependant cette mesure n’est pas isolée : le CICE1 sera normalement augmenté à 7% à partir de janvier 2017. Et pour les travailleurs indépendants à faibles revenus qui n’en bénéficient pas, Valls a annoncé un allégement supplémentaire des cotisations sociales. Ces promesses sont évidemment à remettre dans le contexte électoral, à l’heure où les candidats prétendent tous à une amélioration de la fiscalité. Et Valls a osé ré-affirmer l’objectif de passer sous les 3% le déficit public, ce dont la Cour des comptes doute beaucoup…

L’article : Première étape de baisse de l’impôt sur les sociétés (Reuters, Marine Pennetier, Emmanuel Jarry et Myriam Rivet, 23 août 2016)

Bonnet d’âne pour le RSI

Voici le catilinaire du journal local contre le RSI, qui fait suite à une nouvelle disparition de commerce de proximité, cette fois-ci d’une boucherie à Poullaouen (Finistère).

Pourtant, rien ne pouvait laisser présager cela : Mathieu avait ouvert sa boucherie il y a deux ans, alors qu’il était un tout jeune diplômé de 18 ans, et l’affaire tournait bien, il travaillait 60 heures par semaine. Seulement, le RSI se base sur le chiffre d’affaire et non sur le bénéfice pour calculer les charges à payer. De quoi empêcher Mathieu de se dégager un revenu décent, et donc de l’obliger à se résoudre à trouver un travail salarié.

Cela ne réjouit pas les habitants de la petite bourgade qui ont déjà vu par le passé deux autres boucheries mettre clé sous porte. Et ce ne sont pas des cas isolés. Ainsi selon la CNDI2, de plus en plus de petites entreprises seraient en cours de libération vis-à-vis du RSI.

L’article : Le RSI provoque la fermeture d’un commerce de proximité (Breiz Info, 31 août 2016)

La France bonne élève

A l’issue de cette première moitié d’année, la France devient la deuxième capitale européenne des startups, se plaçant juste après Londres et passant devant Berlin. En effet, les fonds français ont injecté en un semestre un milliard d’euros, soit 16% des capitaux levés dans l’Union Européenne sur cette même période. Cela a donc augmenté de trois points par rapport au 13% de la fin de l’année 2015.

Mais il serait malhonnête d’omettre que cette seconde place est à partager avec la Suède. Néanmoins, il semblerait que son classement soit majoritairement dû à la transaction de 900 millions d’euros pour Spotify, tandis que la France bénéficie de celle de Deezer, mais « seulement » pour 100 millions d’euros.

Serait-ce le signe d’une amélioration durable du financement des startups françaises ? Plusieurs éléments en attesteraient : la hausse du ticket moyen investi depuis deux ans, le nombre d’opérations (297) le plus élevé d’Europe,… On voit déjà Paris détrôner Londres. Seulement, il y a encore quelques écarts à combler. Notamment sur le fait que « 60 % des tickets délivrés dans l’écosystème britannique dépassent les 20 millions d’euros quand, en France, la grande majorité ne franchit pas ce seuil. » remarque Franck Sebag3. Mais l’espoir reste permis, aux vues des dernières levées d’Alkemics (20 millions d’€) et d’Ogury (15 millions d’€). Et il faut aussi souligner l’explosion des startups de la santé, qui ont décidément le vent en poupe…

L’article : Capital-risque : Paris en pole position pour détrôner Londres (Les Echos, Anne DRIF, le 9 septembre)