Revue de Presse

La revue gourmet

Publié le 7 octobre 2016 par Garance Dansette
Au menu cette semaine, les résultats de CB Insights et 1001 Startups qui n’ont pas peur de nous dévoiler les raisons de l’échec entrepreneurial, ainsi que Wemind, qui se veut être le projet social des travailleurs indépendants. Les Echos remettent le couvert sur le RSI, en proposant quatre mesures pour qu’il puisse continuer d’exister. Et on vous propose de terminer sur le récit d’un entrepreneur désillusionné.

La recette de l’échec ?

On ouvre sur un chiffre qui fait froid dans le dos : 90% des startups échouent. Et c’est CB Insights qui nous dresse la recette de l’échec en 20 ingrédients. On vous présente les 5 premiers, qui sont aussi applicables aux autres formes d’entreprises que les startups.

Tout d’abord, les startups se cassent la figure pour la simple et bonne raison qu’elles ne rencontrent pas leur marché. 42% des cas interrogés ont identifié le fait qu’il n’y avait pas de besoin de marché comme raison principale de leur échec. Ainsi, il ne faut pas tarder avant de se confronter à sa ou ses cibles et sonder ses besoins. Vient ensuite le « plus d’argent ». La gestion des ressources financières apparaît comme étant un élément crucial au bon développement de l’entreprise. Les startups ont généralement un fort besoin de financement, ce qui les poussent parfois à une quête irraisonnée, à l’image de l’engouement pour les levées de fonds et le financement participatif1.

Un autre des grands dangers est de ne pas avoir la bonne équipe. L’impératif est de compiler le plus de compétences différentes dans celle-ci. Il ne faut donc pas hésiter à lier des profils variés autour d’un projet. Le premier test à passer pour l’équipe ainsi composée est de sortir le mythique MVP (Minimum Viable Product). Les deux autres écueils des startups sont une concurrence trop coriace - il y a souvent de nombreux prétendants autour d’une idée innovante et pertinente - et le prix de vente, dont les facteurs de détermination sont toujours très opaques. Un vrai parcours du combattant.

L’article : Startup : Les 20 causes principales d’échec ! ( 1001 Startups, Kevin BRESSON, 23 août 2016)

Aux petits oignons

L’idée ici est de faire progresser les droits, principalement sociaux, des indépendants. Le nombre de travailleurs de cet acabit s’emballe et pourtant, ils continuent de ne représenter qu’une minorité sur le marché du travail. Les fondateurs de Wemind leur ont identifié plusieurs pain points, et notamment les galères administratives, le problème du logement (face aux exigences des agents immobiliers) et une « protection sociale complètement dégradée » dont Emilie, SEO et content manager, se plaint. Hind Elidrissi et Mikaël Uzan sont convaincus que l’union fait la force (un peu comme ces Canadiens). En se rassemblant, les freelances auront plus de poids et seront ainsi plus à même de négocier.

Forts des 5 000 freelances qui ont déjà adhéré (c’est gratuit et sans engagement), ils comptent créer une mutuelle, une garantie « loyer impayé », et même une sorte de comité d’entreprise des indépendants. Tout cela en mettant la solidarité au coeur de leur « projet social ». Ils sont actuellement au stade des négociations pour ces différents services - et on leur espère une issue heureuse.

L’article : Wemind, une avancée sociale pour les freelances ? (UP le Mag, Charline FORNARI, 15 septembre 2016)

Le RSI est un plat qui se mange froid

Voici le sempiternel débat sur le RSI2 remis sur le tapis, mais cette fois-ci, le point de vue adopté est quelque peu impertinent. En effet, dans cet édito, Serge Anouchian3 prône le maintien de la distinction entre un régime salarié et un régime indépendant, et ce au prix de quatre mutations majeures.

La première est la suppression de la déclaration commune de revenus, qui complique inutilement les choses. Ensuite, l’instauration d’une base unique de prélèvement, en vue d’aligner « la base de déclaration sociale et la base de déclaration de revenus sur les sommes réellement prélevées par le travailleur indépendant pour sa rémunération ». La troisième mesure est la mise en oeuvre de l’autoliquididation des cotisations. Ainsi, lorsqu’un travailleur indépendant voudra se verser un salaire net de 2 000 €, le système calcule automatiquement les charges, qui sont dans ce cas-là d’un montant de 1 957 €. Ce qui donnera lieu à un prélèvement de 3 957 € directement sur le compte de l’entreprise. Naturelle conséquence à ces modifications, la liberté dans le choix du statut social quant au statut juridique. Ainsi les gérants de SAS et de SARL pourraient décider d’opter pour le régime social des sociétés de personnes.

Tout ceci réuni devrait permettre au RSI de pérenniser pour un bout de temps et d’assurer ses deux missions : un socle minimum de garanties et une liberté de choix pour les garanties complémentaires. Si c’est un commissaire aux comptes qui défend cette réforme, sachez que le projet avait déjà été amendé en novembre 2015. C’est donc avec surprise que l’on voit le nouveau projet de loi de finances prévoir d’instaurer le prélèvement à la source en 2018, ce qui n’est pas au goût de tous

L’article : RSI : ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain (Les Echos.fr, Serge ANOUCHIAN, le 19 septembre 2016)

Indigestion entrepreneuriale

Cela pourrait presque être une fable… L’histoire d’un mec qui s’est dit qu’à 30 ans il serait millionnaire où il ne serait pas. Un des chemins les plus évidents pour cela était de créer une startup du tonnerre pour ensuite la revendre à prix d’or.

Il a trouvé le bon fillon en 2011, en créant le premier site d’avis sur les écoles post bac. C’est une affaire qui roule et qui lui offre la situation de travailleur nomade avant tout le monde. En effet, pendant deux ans, lui et son associé travailleront à distance sur leur projet tout en voyageant aux quatre coins du monde. Les choses prennent de l’ampleur, et son esprit s’emballe ; même si lui et Michael ne pourront se verser un SMIG par mois seulement deux ans après avoir commencé l’aventure. Ce mec s’arrête alors de voyager pour se dédier à son projet en s’installant à Paris. Et ça continue d’accélérer : ils sont maintenant une dizaine de salariés et de stagiaires dans le projet.

Et puis, la chute de conscience : il est « passé de l’entrepreneur libre au chef d’entreprise […] esclave de sa propre société ». Il s’était enfermé lui-même dans ce qu’il avait toujours rejeté jusqu’alors, pour la seule motivation pécuniaire. Le temps lui filait entre les doigts et il voyait de moins en moins de sens en ce qu’il faisait. Il aurait suffi de deux années supplémentaires pour réaliser ce rêve qui n’en était plus un - être riche - car déjà il ne savait plus que faire des 1 800€ qui tombaient régulièrement. Ils se sont alors décidé à vendre la boite prématurément. Et ainsi à effectuer une seconde fois un retournement complet de mode de vie. On vous invite à lui laisser le dernier mot en allant directement lire son papier. La façon dont on vous le raconte ici fait un peu conte de fées, mais Capitaine Rémi (sic) l’aborde avec beaucoup plus de délicatesse.

L’article : Celui qui voulait être millionnaire à 30 ans (Medium, Capitaine Rémi, 28 septembre 2016)