Revue de Presse

La revue qui requinque !

Publié le 12 décembre 2016 par Garance Dansette
Dans notre soupe cette semaine, une nouvelle plateforme freelance portée sur l’aéronautique qui décolle en trombe. Ensuite, un Eric Verhaeghe carnassier qui croque les branches professionnelles qui ne feraient qu’une bouchée des petits entrepreneurs. Puis, une patronne de PME qui a le sentiment de toujours nager en eaux troubles côté législation. Pour finir, un florilège des métiers in et out.

Sur un plateau

Une plateforme de mise en relation entre indépendants et entreprises de l’aéronautique est en train d’être mise sur pied : Hubworkair. Lancée il y a huit mois seulement, ses débuts sont déjà prometteurs : 75 000 € auraient déjà été levés auprès de référents aéronautiques et de business angels. Le projet a en effet de quoi séduire : Hubworkair s‘est donné pour vocation d’accélérer le recrutement de freelances sur des missions temporaires. Apparemment, une cinquantaine d’entreprises et plus de trois cents « talents » en ont déjà fait l’expérience.

Sa faste croissance se fait sous l’oeil bienveillant (et aguerri) de grands pontes entrepreneuriaux, tels que Marc Rochet (Air Caraïbes), Samuel Némoz (Jet Aviation) ou encore Jérôme Cazade (Hop!). Et elle va sûrement se prolonger : le marché de l’aviation, qu’elle soit privée, civile ou militaire, est encore vierge, sans aucun acteur encore, et de taille, puisqu’il concerne plus 150 000 freelances et 50 000 employeurs. Et ça ne s’arrête pas là : si l’implantation de Hubworkair sur le marché du recrutement aéronautique est réussie, cela lui ouvre d’autres horizons : il pourrait par la suite briguer le marché de la mise en relation des sociétés avec des talents pour des missions spécialisées.

C’est l’occasion aussi de servir quelques chiffres à la pelle : au niveau mondial, la population travailleuse indépendante progresse de 15% par an, et 15 milliards de chiffre d’affaires serait généré par les consultants et les freelances.

Par ailleurs, Hubworkair n’est pas la première plateforme de ce type, on connaît déjà Hopwork, Creads ou encore Codeur.com. Leur nombre croissant commence à donner le tournis, voici donc un guide de l’Express pour s’y retrouver.

L’article : Hubworkair lève 75 000 euros pour améliorer le recrutement de freelances dans l’aviation (Maddyness, Farid KHEDRI, 28 novembre 2016)

La dent acérée d’Eric Verhaeghe

La diatribe séditieuse d’Eric Verhaeghe sur son blog interroge le rôle des branches professionnelles envers les petites et très petites entreprises, ces premières étant souvent vues comme un rempart à la concurrence barbare qui est de mise entre elles. Ainsi, la branche professionnelle s’apparenterait, dans l’esprit de beaucoup, à une « mère protectrice » des petits entrepreneurs.

Tout d’abord, Eric ouvre sur le questionnement de la représentativité de ces branches professionnelles. A titre d’exemple, la Confédération pour la boulangerie ne concernerait que 10% des entreprises du secteur. Eric va même plus loin, en les assimilant à des bureaucraties, qui combinent opacité et obsolescence. Le cas d’école de cette tyrannie : le secteur de la boulangerie. Dernièrement, les « élus » de la Confédération ont décidé d’un assureur unique pour tous les artisans de la branche, et ce en contrepartie d’une commision. De quoi en faire bondir plus d’un, et faire rebondir Eric sur le conflit d’intérêt. Une courte vidéo, touchante par sa sincérité même si sa forme laisse à désirer, étaye l’argumentaire. Le constat d’Eric est sans appel : les branches professionnelles desservent les petits qu’elles se targuent pourtant de protéger.

L’article : Les branches protègent-elles les TPE ? L’exemple de la boulangerie ( Le Blog d’Eric VERHAEGHE, 29 novembre 2016)

Cernée de toutes parts

Voici une tribune qui donne la parole à Marie Perez Siscar, présidente du syndicat officiel de la Thalassothérapie. Elle y évoque les difficultés rencontrées dans un secteur pourtant en pleine croissance. Cela a trait tout particulièrement avec la réglementation : des normes sanitaires et alimentaires aux visites régulières des autorités, en passant par les complexités juridiques. Marie Perez Siscar a déchanté au fil des années, allant jusqu’à avouer que passer la barre des cinquantes salariés, et la lourdeur du processus de licenciement, constituent un frein au recrutement.

L’imperméabilité de la réglementation conduit pour Marie au sentiment subjacent d’être dans l’illégalité sans même le savoir. Elle raconte notamment l’épisode traumatique d’un contrôle de l’Urssaf, trois ans après le début de son activité, qui a abouti à un redressement pour cause d’un taux obligatoire pour une CSG1 de départs en retraite non payé. La réglementation constitue un souci de premier ordre, d’autant plus que les PME et les TPE ne contiennent pas en leur sein « les services qui peuvent gérer au jour le jour les changements de législation ». Et cerise sur le gâteau, les inflexions juridictionnelles changeraient selon les régions et les circonscriptions.

L’article : Overdose réglementaire des entreprises (1/2): « Un sentiment d’être dans l’illégalité, sans le savoir » (L’Opinion, Fanny GUINACHET, 23 novembre 2016)

Prendre de l’avance

Le blog de l’Emploi reprend une étude de WiserSKILLS, et l’agrémente d’infographies bien senties, sur les « postes in et out », afin de conjecturer le futur des métiers. Bien que l’heure ne soit pas encore aux automates et autres machines, il semblerait que les métiers se scindent en deux catégories. La première, en perte de vitesse, regroupe les postes « traditionnels » : commerçants, métiers de la vente ou encore comptables vont voir leurs effectifs diminuer. Mais comme le dit l’adage de la physique : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme2 ». Ces emplois supprimés vont se déverser vers la seconde catégorie, des métiers, plus digitalisés, et pour la majorité pas encore créés ! Ainsi, deux tiers des actuels élèves de maternelle exerceront une activité professionnelle qui n’existe pas encore aujourd’hui.

D’ailleurs, dès aujourd’hui on peut observer un développement notable de nouvelles missions (et d’anglicismes, ahi) : sont convoités les spécialistes de la cybersécurité, les chief freelance officers, les responsables RSE, les hapiness officers, les développeurs web ou encore les growth hackers. Cette évolution s’accompagne d’un changement au niveau des compétences demandées - créativité, intelligence sociale et polyvalence sont à l’honneur - ainsi que d’une transformation de la nature même du travail : le versioning. Cette notion recoupe le fait que, et tout spécialement dans le cas des métiers du numérique, une adaptation constante est maintenant exigée, de par les avancées technologiques continues notamment.

L’article : Quels sont les métiers de demain et ceux amenés à évoluer ? ( Mode(s) d’emploi, Priscilla GOUT, 1 décembre 2016)

P’tits bonus dans le sillon

  • Une série de lancements : La Freelance Academy (ça s’apprend d’être indé ?) et un nouveau fond participatif à destination des artisans et commerçants, soutenu par la Société Générale.

  • Les femmes indépendantes au premier plan : être freelance c’est glamour (5 portraits pour vous le prouver), mais pas de tout repos : une première année de freelancing, racontée et analysée avec les mots les plus simples.

  • Le programme de Fillon à propos de la protection sociale des entrepreneurs.