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LinkedIn fait l’inventaire de ses freelances

Publié le 14 avril 2016 par Garance Dansette et David Délis
Qui sont-ils ces freelances d’aujourd’hui ? Quelle réalité recoupe ce mot, quand on le préfère à « indépendant » ? De l’identification de domaines de prédilection à l’élaboration d’un profil type complet, LinkedIn s’est lancé fin 2015 dans une étude approfondie de sa population freelance. Les petits entrepreneurs vous traduisent une partie de l’étude et tirent pour vous quelques enseignements.

Le mot qui fait rêver… freelance, un vent de liberté ! Que tu crois ! Le terme anglais est en fait apparu au 19ème siècle pour désigner le milouf aventurier, le mercenaire du Moyen-Age. Puis il a désigné plus tard un homme politique sans parti (le pauvre). Mais il s’agit bien aujourd’hui d’une personne travaillant à son propre compte - et non pour un employeur particulier. En gros, c’est un indépendant. Pourtant, un avocat ou un plombier ne vous dira pas qu’il est freelance. Ces derniers ont en effets quelques particularités, ce que l’étude1 de LinkedIn nous propose de découvrir.

Des domaines de prédilection

LinkedIn établit en premier lieu un repérage international de tous ses membres portant la mention « freelance » dans leur titre de poste actuel. Ils ont ensuite regroupé les secteurs les plus récurrents avec les compétences fréquemment trouvées dans les profils « freelance » : « Art et design » arrive largement au top du classement, avec plus de 46% des profils trouvés. On notera que les activités reliées aux médias et à la com’ représentent également un gros tiers des freelances. Ces secteurs, souvent en étroite collaboration, représentent 80% du total. Le constat est simple et corrobore en même temps l’idée communément admise que les freelances sont « connectés » et souvent acteurs dans des disciplines et métiers « dématérialisés ».

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Le secteur Art & design revêt bien plus que la notion de design : ce sont des graphistes bien sûr, mais aussi des photographes, des metteurs en scène, des musiciens, des maquilleurs, etc. Au demeurant, les graphistes et photographes représentent à eux seuls 39% du secteur, soit près de 18% des freelances tous secteurs confondus. LinkedIn n’a pas précisé les métiers compris dans « Autres » , mais chacun doit représenter environ 1% ou moins du secteur ici étudié (on notera que le total ne fait pas 100% également … mais c’est pas notre faute).

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Des caractéristiques propres aux freelances

En moyenne, les données indiquent que les freelances jonglent avec 2.1 jobs en même temps (un constat établi sur les membres ayant plus d’un « poste actuel » sans date de fin mentionnée sur leur profil). Deuxième caractéristique : alors que la gent masculine est sur-représentée sur LinkedIn, on compte plus de femmes freelances que d’hommes. Déduction : les femmes s’essayent plus au freelancing qu’à d’autres types d’activités d’indépendants.

Mais plus encore, les données montrent que les freelances sont de gros pratiquants du social networking professionnel, des utilisateurs puissants : si on les compare avec d’autres individus aux mêmes postes, on note qu’ils ont plus de recommandations professionnelles, plus d’adhésions à des groupes, plus de compétences listées, de soutiens, de connexions, etc.

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2 enseignements clés

  • Pour ceux qui cherchent à recruter des prestataires, et donc potentiellement des freelances, LinkedIn est un moyen plutôt efficient pour trouver la personne idéale : le réseau à disposition est très étendu, et permet un accès à des informations décisives - les compétences du profil, mais aussi (et surtout) les recommandations, les derniers clients, les références commentées, etc.

  • De l’autre côté, il y a beaucoup de freelances qui ont des compétences pertinentes pour d’autres « jobs » que celui qu’ils font habituellement. Compte tenu des tendances actuelles, on peut dire que la « gig economy » (ou sous-économie du petit boulot, dit « jobbing ») est prête à opérer une petite révolution pour l’économie et surtout l’emploi. Confère le rapport de Mc Kinsey Institute : « les 200 millions qui sont inactifs ou employés à temps partiels peuvent gagner des heures supplémentaires via les plateformes freelance »2.

Fort de ces constats, LinkedIn a commencé à chercher le bon moyen d’aider les gens à se connecter à ces indépendants uniques en leur genre. C’est la raison d’être de leur dernier-né, LinkedIn ProFinder3 (avec un focus sur le design, la rédaction, l’édition et la compta), qui est actuellement testé en bêta dans la merveilleuse baie de San Francisco. L’un de ses principaux concurrents, notamment en nos terres gauloises, Viadeo, a fait de même en lançant en septembre dernier son service dédié : Viadeo Freelance.

De notre point de vue, on a du mal à certifier que le networking sur les réseaux sociaux pros les plus connus soit la solution idéale pour « tous ». Au demeurant, y assurer une présence est devenu avec le temps conventionnel, donc quasi obligatoire. Réseauter est exigeant et chronophage, mais peut assurément créer des opportunités nouvelles pour ceux qui en manquent. Pour les freelances, on vous encourage vivement à faire un tour du côté de Hopwork4. Et pour demain, il y a encore tout à faire, donc tout à tester. Car finalement, de freelances à indés, il n’y a qu’un tout petit pas, qui pour l’instant n’a jamais été franchi parfaitement. A quand le jour où la population entière des indépendants bénéficiera des mêmes outils et potentiels résultats que toutes les professions les plus en vogue ?