Événement

Petit test entre amis : et après l’apéro ?

Publié le 5 mars 2016 par Nicolas Gerchenzon et David Délis
Toujours à la recherche du Graal : la communauté. Des évènements, et des microcommunautés, dans toutes les villes de France, il en existe un paquet… Être original, c’est chaud, et faire un truc génial, c’est un gouffre financier. On a croisé Jérôme Siau, un pote développeur freelance sur Grenoble, et on s’est rendu compte que la plupart des gens de nos entourages, indés ou en passe de le devenir, ne participaient pas tant que ça aux événements existants et avaient pourtant une réelle envie d’échanger. Le truc le plus simple quand tu ne sais pas quoi faire, ça reste un simple et modeste apéro. Petite review des enseignements tirés du tout-premier.

Humblement organisé…

Une date à l’arrache, un lieu à l’arrache. On a tranché : le bar la Gazetta à Grenoble et le 10 décembre 2015, façon Noël des copains mais pour les petits entrepreneurs, qui eux t’offrent plutôt leurs problèmes… ou leurs solutions, c’est selon. Afin de maîtriser un minimum le déroulement de la soirée, nous n’avons convoqué que quelques personnes de notre entourage en leur expliquant la démarche, plutôt informelle et joviale. Ils étaient des milliers à vouloir participer, mais le lancement des « Petits Apéros » s’est fait dans un souci d’humilité.

On s’est donc retrouvé vers 19 heures. 11 personnes dans un bar suffisamment grand, dans lequel nous sommes venus sans rien réserver. Objectif : se rencontrer et échanger librement. Verre à la main, on a commencé à débattre autour du comptoir puis nous nous sommes rapidement attablés jusqu’à 23 heures et des brouettes.

La photo témoin était bien à l’arrache aussi (David nous l’a passé en mode «  à l’arrache black & white » pour une impression « moins à l’arrache »)

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… et consciencieusement débriefé

La première chose qui nous a interpellé, c’était la diversité des profils : du freelance au patron de TPE en passant par des salariés qui souhaitaient faire le grand saut, l’éventail était large. Idem pour les secteurs d’activité : du graphiste tout terrain, du développeur backend, une startup autour du voyage, un projet d’agence de voyage en Laponie (oui), un site de vente en ligne de fourmis (oui oui - cf. focus sur Antoine GARAULT à la fin), un projet mêlant coworking et médecine chinoise (triple oui),… Rien que le fait de découvrir ce que faisaient les uns et les autres avec la variété des problématiques qui s’y rattachaient était absolument passionnant. Là où l’on pensait que les problèmes allaient être assez uniformes, ils sont en réalité précis et singuliers dès lors que l’activité , son contexte, son secteur, ses spécificités , et non le métier uniquement, sont mis en lumière.

[…] ce qui diffère entre eux, plus encore que leurs problèmes, c’est bien « comment » ils ont réussi à les régler et à s’en sortir.

Nous avons passé un très bon moment, instructif, concret et touchant. C’est à refaire, ça a déjà du sens, même sous ce format épuré. Cependant, si le style apéro permet bien d’échanger, de se rassurer, ou encore de rompre l’isolement en rencontrant d’autres entrepreneurs, il ne règle pas vraiment les problèmes précis de chacun. Le besoin que nous avons pu identifier est assez simple : du conseil personnalisé dans un cadre humain mais professionnel, informel mais dédié. Or, les entrepreneurs, particulièrement au démarrage de leur activité, ont du mal à rencontrer des interlocuteurs capables de répondre à leurs interrogations. De nombreuses structures d’accompagnement existent, des experts coûteux aussi, mais il est toujours difficile de trouver quelqu’un ayant déjà vécu le problème rencontré et ayant réussi à le régler à sa façon.

Le point clef est l’expérience. C’est cette expérience qui a de la valeur et mérite d’être partagée entre entrepreneurs. En effet, ce qui diffère entre eux, plus encore que leurs problèmes, c’est bien « comment » ils ont réussi à les régler et à s’en sortir. Enfin, les indés et petites structures comme nous sont en attente de proximité. Cette petite dose de chaleur humaine et de considération qui permet de ne pas avoir l’impression d’être un prospect de plus ou de se sentir écrasé. Il s’agit là de donner du sens et une réalité concrète aux échanges, entre entrepreneurs qui partagent souvent les mêmes galères, les mêmes envies et des objectifs comparables.

Des rendez-vous solidaires ?

Alors comment stimuler ce partage d’expérience ? Comment induire la solidarité et l’entraide entre entrepreneurs ? Il s’agirait de motiver chacun à donner un peu de son temps et de ses compétences, pour utiliser son expérience et aider concrètement d’autres entrepreneurs en demande.

On a déjà un nom de code : « Solidating ». On planche sur la conception d’une fonction de soumission de problèmes qui serait associée à une fonction de matching pour trouver les entrepreneurs capables de filer un coup de main concret :

  • d’un côté : «  je décris un problème à la communauté, je propose une contrepartie ou un avantage »

  • de l’autre  : «  j’ai proposé du temps et des compétences, je peux aider IRL1ou Online avec ce que je sais faire. »

Et pourquoi pas même étendre le principe à une sorte de parrainage actif, qui pourrait se révéler particulièrement utile pour les créateurs ? Sondage à venir !

Toutes ces idées et conclusions sont précieusement conservées dans notre super mémoire. Notre concept d’évènements solidaires s’étoffe, en attendant de vous proposer quelque chose avant l’été. D’ici-là, le prochain Petit Apéro (cf article connexe « Petit Apéro #2 (Grenoble) : RDV le 10 mars au Harper’s Café. ») est déjà prévu, ce sera le 10 mars 2016 au Harper’s Café à Grenoble. Nous en ferons un rendez-vous mensuel. À vos agendas les Grenoblois !

Bonus Focus Petit Entrepreneurus

Antoine GARAULT

/assets/images/small/A0003/Antoine_GARAUT_petit_entrepreneur.png « Notre société est une entreprise familiale créée en 1919 par mon arrière grand-père François GARAULT, à l’origine société d’équarrissage2. Ce n’est qu’en 1960 que mon grand-père diversifie l’activité de l’entreprise en lançant une activité de production et négoce d’asticots pour la pêche de loisir. En 1979, mon père reprend l’activité familiale, et continue le développement de l’entreprise. Au début des années 90, l’activité d’équarrissage est revendue et nous nous focalisons sur l’activité de production d’appâts de pêche. En 2009, après sept années passées à me former dans d’autres entreprises, je décide sur les conseils de mon père de créer une entreprise connexe à l’entreprise familiale pour explorer de nouveaux axes de développement. C’est ainsi qu’est né France Insectes en novembre 2009 qui a depuis racheté une partie de l’activité familiale en 2012, ainsi que fourmis.fr en 2013. »

Plus précisément, il a créé en 2009 une SARL avec 3 associés, comptant 2 salariés en CDI et 1 intérimaire. La société oeuvre dans le négoce de Pet Food pour la GMS3spécialisée et les zoos. Original ! Antoine monte par ailleurs un projet avec une vétérinaire pour vendre des insectes à consommer. Il est intéressé pour faire une dégustation d’insectes lors d’un prochain apéro. (chaud pour tester une tapenade de libellule !)

Retrouvez le sur 3 sites, www.france-insectes.com, www.fourmis.fr & www.job-animalier.com.

Il aime ? Être un couteau suisse mais surtout trouver de nouvelles idées de développement et créer des produits. Il déteste ? Les relances clients, la négo RFA avec la GMS (wut ?). Il est venu aux Petits Apéros par curiosité, et la révélation que vous attendiez tous, à l’apéro, il boit de la bière et/ou du vin. Bam !

Jérôme SIAU

/assets/images/small/A0003/Jerome_SIAU_petit_entrepreneur.jpg « Je suis développeur de formation, avec un fort esprit entrepreneurial depuis mes débuts. Ma première activité fut une agence web co-fondée par mes soins, spécialisée dans la création de sites vitrines à destination des TPE/PME. Elle durera 2 ans avant qu’une agence web pour qui nous travaillions régulièrement en sous-traitance vienne me débaucher pour intégrer leur structure. C’est ainsi que j’ai rejoint en 2008 la société Speedinfo, où je me suis spécialisé sur la technologie Magento (pour la version 1 à l’époque). Il s’en est suivi un parcours ponctué d’évolutions rapides avec un passage comme chef de projet junior chez Speedinfo, puis comme lead developper Magento et chef de projet chez MadeInDesign.com4. J’ai ensuite repris, en tant qu’associé et directeur technique, le site tennis.fr5. L’aventure a duré deux ans, puis je suis devenu indépendant en créant la société Reactive-Web , spécialisée dans le développement Magento fin 2014. »

Plus précisément, Jérôme a créé en 2014 une EIRL et propose ses services en tant qu’expert Magento mais aussi consultant dans le domaine du e-commerce. Il travaille pour tout type de clients, de la start-up qui amorce son projet comme TWIL, marketplace de vin, à la très grosse société comme Ingenico (2 milliards d’euros de CA).

Vous pouvez le retrouver sur www.reactive-web.fr.

Il aime ? Aider ses clients à développer leur business en ligne en étant force de conseils sur les sujets d’ergonomie, de marketing, ou de SEO. Il déteste ? Être considéré comme un « pisseur de code » qui n’a rien à apporter de plus que de la simple exécution. Il est venu aux Petits Apéros par intérêt pour le networking et l’entraide. Et la révélation que vous attendiez tous, à l’apéro, il boit de la bière. Bim Bam (ok promis, on arrêtera de poser cette question à l’avenir) !