Tribune Libre

Petite métaphysique de l’entrepreneuriat

Publié le 29 novembre 2017 par Garance Dansette
6 min.
Une question à laquelle nul entrepreneur n’échappe porte sur les motivations à entreprendre, sur les raisons qui poussent à vous lancer. Parce que non, être entrepreneur ce n’est pas être tranquillement assis dans son canapé quand un voisin débarque pour vous demander de lui rendre un service moyennant rémunération.

En France, on range ce genre d’activités fortuites sous le terme d’auto entrepreneuriat, mais l’entrepreneuriat, ça ne s’arrête pas là. Si on pose cette fameuse question donc, on obtient des réponses diverses et variées : laisser une trace, soulager une frustration, répondre à une vocation, à un besoin identifié pas encore satisfait, se sentir utile pour la société, etc. Quel est le point commun à cette diversité de motivations ?

D’aucuns considèrent Sartre comme le philosophe de l’entrepreneur – assez truculent quand on se rappelle sa sympathie pour l’idéologie marxiste – et ce n’est pas infondé à mon humble avis. En effet, l’existentialisme pose deux idées incontournables.

Activation et exercice de sa liberté

La première est que la volonté est la seule manière pour l’Être, pour l’homme donc, de se manifester. Implication directe : l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il fait. Il existe par et au travers de ses actes. De cela découle logiquement qu’il n’existe aucun déterminisme, et donc une totale liberté.

Or l’avenir c’est un domaine de liberté, de pouvoir et de volonté.

Entreprendre c’est agir, mais agir en vue de produire un impact, de voir un changement dans le futur. Quelque chose de fondamental pour l’entrepreneur, c’est d’avoir une vision de l’avenir préférable au présent, c’est de tabler sur le futur plutôt que sur le présent.

Voici le triptyque liberté, volonté du faire, et avenir.

Le couple inséparable liberté - responsabilité

Et c’est là que l’on arrive à la seconde idée de l’existentialisme : l’Homme est responsable de ses actes, justement parce qu’il dispose de cette liberté d’agir. Même Hayek, l’économiste ultralibéral, corrobore Sartre : « liberté et responsabilité sont inséparables ». Cependant, la responsabilité n’est pas le prix de la liberté, mais sa récompense. Une des plus grandes satisfactions qui existent n’est-elle pas de dire simplement : « j’ai fait cela » ?

En plus, cette responsabilité est directement reliée aux autres, à l’Autre. C’est toujours de l’existentialisme. Simplement parce qu’on vit en société, et que l’entrepreneur évolue dans la société. On nous a tous rabâché maintes fois : « ta liberté s’arrête là où commence celle des autres » : ma liberté se heurte à la sienne, je suis donc responsable de ne pas la heurter, de la respecter. Je ne détruis pas la liberté de l’Autre, mais au contraire, il peut exprimer cette liberté et donc sa manière de penser autrement.

L’acquisition de sa responsabilité sociale et sa valeur intérieure

L’exercice de cette liberté d’entreprendre rend donc responsable et moral. Cette liberté a donc pas mal d’externalités positives, et je dirais même elle permet « d’entreprendre conscient ». Mais plus encore, entreprendre, c’est une conquête de sa valeur intérieure au travers de ce que l’on fait et non chercher à exprimer ce qu’il y a déjà à l’extérieur de soi. D’où le succès de cette philosophie existentialiste et de la phénoménologie de Merleau-Ponty1 auprès des businessmen outre-Atlantique, car elles postulent que c’est ce que nous produisons qui nous invente – et non l’inverse…

Et ceci demande du courage ! J’appellerai ici Aristote qui nous dit que le courage, c’est ce qui est autant éloigné de la lâcheté que de la témérité2. Ne rien oser où bien foncer en ignorant le risque : précisément, l’entrepreneur n’a pas le goût du risque (contre bien des préjugés). L’entrepreneur se doit continuellement de réduire au possible le risque, et de prendre celui qui reste. Dans un tel paradigme, c’est la connaissance pratique qui prime, pas la théorique. Israël Kirzner disait que l’entrepreneur doit pouvoir s’adapter aux circonstances changeantes, et trouver des opportunités en toute situation3. Tout en promouvant un optimisme d’action : par mes actes je me modifie et je modifie ce et ceux qui m’entoure. C’est en ce sens que je m’autoriserai à requalifier l’entrepreneur de « philosophe en action »

Et concrètement, ça se passe comment ?

Vous l’aurez compris, je ne suis pas douée pour les considérations pragmatiques et les conseils pratiques. Pour devenir entrepreneur, je vous oriente donc vers des sources qui proposent une approche concrète de la création et la gestion d’entreprise. Tout d’abord, je vous invite à visiter le site de l’AFE (Agence France Entrepreneur) qui est une véritable mine d’or de la création d’entreprise, puis, le site du service public pour télécharger le formulaire de déclaration de début d’activité du statut micro-entrepreneur. Et surtout, à faire un tour sur l’inédite application TopListes afin de trouver les meilleurs outils, réseaux et infos pour démarrer son activité !