Revue de Presse

Prêche entrepreneurial

Publié le 17 juin 2016 par Garance Dansette
Ici on ne prêche pas le faux pour savoir le vrai, on va directement à l’essentiel de ce qui a marqué l’actualité des petits entrepreneurs ces derniers temps. On commence par deux nouveaux modèles d’organisation du travail, Digital Village et Mangrove, qui essayent de répondre chacun à leur manière à l’essor récent du travail indépendant. Ensuite, on refait le point sur la loi Madelin, qui concerne beaucoup de travailleurs indépendants. Et on présente le CIP de Paris qui vient d’ouvrir pour accueillir des petits entrepreneurs en difficulté. On termine en beauté avec quelques modifications administratives et fiscales, et le contenu d’un frigo de freelance.

La messe est dite

Le sujet commence à être un topo généralisé, mais il n’en demeure pas pour le moins intéressant : la prévision du dépassement du salariat. Celui-ci ne semble en effet ne plus être le modèle dominant : « 80% des embauches effectuées depuis 2011 sont des contrats de moins de trois mois » selon les données de l’INSEE. C’est donc le travail indépendant qui tend à s’imposer : il y aurait déjà neuf millions de freelances européens et selon les estimations, dans dix ans aux États-Unis, on pourra compter un travailleur sur deux qui sera indépendant. Ce que signifie le travail indépendant avant tout, c’est que l’on devient sa propre entreprise, et donc par la même occasion multitâches : voici l’avènement des « slasheurs », ceux qui jonglent entre plusieurs activités. Le phénomène du « slasheur » concerne aussi bien les entrepreneurs que les freelances - mais aussi les salariés, certains se revendiquant comme tels. Néanmoins, cela suppose une évolution des systèmes de pensée. Les entreprises doivent « gérer la multitude de prestataires » et « la mesure du résultat » se fait à court terme, contrairement au salariat « classique ». La seconde partie de l’article est une occasion pour Digital Village de vanter les mérites de se réunir en agence mais sous un modèle assez novateur - peut-être le fer d’une nouvelle organisation du travail ?

L’article : Remise en cause du salariat, naissance des slashers, bienvenue au siècle des travailleurs indépendants (Maddyness, Bertrand MOINE, 9 juin 2016)

Freelance c’est pas une sinécure

Voici un cas un peu particulier : cinq freelances en informatique ont décidé de se rassembler au sein de Mangrove, pour le moment prestataire de services informatiques. Les cinq fondateurs, tous issus de grandes écoles, ont fait l’expérience de l’entreprise traditionnelle… Et ne s’y sont pas retrouvés, car elle omet « la question de l’épanouissement de leurs salariés ». Ils sont donc rapidement passés en indépendants, et se sont alors rendus compte que ce n’était pas forcément une situation très commode. Ainsi, le but recherché avec Mangrove, c’est de conserver tous les avantages d’être travailleur indépendant tout en profitant de certains atouts du salariat : un cadre social, des séminaires, formations et retraites, et même l’ambition à terme d’une sécurité financière avec un revenu minimum de 1 000 euros par mois mobilisable pour différentes raisons, comme se consacrer à un projet personnel par exemple. Les initiateurs de Mangrove voudraient en fait faire émerger un nouveau modèle d’entreprise (Mangrove va bientôt se constituer en société) et ont pour voeu de rassembler des centaines, voire de milliers de membres dans les temps prochains.

L’article : Chez Mangrove, priorité à l’épanouissement personnel (Bfm tv, J.H, 11 juin 2016)

Pour savoir comment s’y prendre avec la mère Madelin

Le changement de régime social lorsque l’on passe de salarié à travailleur indépendant peut être déstabilisant. En effet, le travailleur indépendant a pour obligation d’être affilié au RSI (Régime Sociale des Indépendants), mais souvent les besoins des freelances et des entrepreneurs en la matière sont plus importants que la couverture proposée. Ainsi, la loi Madelin de 1994 vient essayer de la compléter, au moyen de différents contrats auxquels le travailleur indépendant peut souscrire : le contrat de retraite, de prévoyance, de mutuelle, ou encore de retraite. Le principal avantage de cette loi étant que les cotisations versées sont déduites fiscalement. En outre, tous les travailleurs indépendants sous le régime BIC ou BNC, ainsi que les gérants non salariés et les associés peuvent y prétendre.

Plus d’infos ? c’est aussi par ici.

L’article : Protection du freelance : qu’est-ce que la loi Madelin ? (Codeur.com, Fabien BERTHOUX, 13 juin 2016)

Demandez l’hospice au CIP

Les CIP, Centres d’Information et de Prévention sur les difficultés en entreprise soutiennent économiquement les entreprises, et dorénavant le moral des entrepreneurs aussi. Un soixante-quatrième centre vient d’ouvrir à Paris. La raison d’être de ces centres ? « Les TPE ne savent pas vers qui se tourner en cas de problème » constate le nouveau président du CIP de Paris, Stéphane Cohen. Or, les entrepreneurs sont surexposés au risque d’épuisement professionnel. Ainsi, 200 bénévoles travaillent au centre afin de repérer les entrepreneurs en grande difficulté, pour ensuite, si besoin est, les rediriger vers le réseau APESA, et tout cela gratuitement. Plus largement, les CIP ont pour objectif de faire connaître les dispositifs prévus par la loi pour prévenir ou traiter les difficultés que rencontrent les entreprises, ce qui constitue une précieuse aide.

L’article : Le CIP de Paris ouvre ses portes aux entrepreneurs en difficulté (NetPME, Charlotte de SAINTIGNON, 9 juin 2016)

Des p’tits bonus

  1. Quelques informations en sus des plus prosaïques : le compte pro pour les micro-entrepreneurs (auto-entrepreneurs) reste obligatoire au final, les députés viennent d’amender le point concerné de la loi Sapin II, mais dorénavant il existe un délai possible d’un an pour le faire.

  2. Et quelques modifications à noter pour les modalités de calcul des cotisations et pour les indemnités du Régime des indépendants.

  3. Vous êtes un petit curieux et vous avez toujours rêvé de savoir ce que mange un graphiste freelance…