Revue de Presse

Sous les jupes des indés

Publié le 24 juin 2016 par Garance Dansette
Votre petite revue de la semaine vous fait faire cette fois un tour d’horizon sur les différences de temps de travail entre le salarié et l’indépendant français, et on jette un coup d’oeil dans les dessous du travail gratuit mais rentable. On vous propose aussi d’aller vous refaire une beauté à la campagne, qui serait un environnement tout prêt tout bien pour les travailleurs indépendants, de surveiller la ligne (politique) de NKM qui fait des avances aux indépendants, et enfin de refaire la garde-robe de sa data en utilisant les bons outils appropriés.

Les français se font remonter les bretelles

On vous disait la semaine dernière qu’un travailleur indépendant travaillait en moyenne quatre heures par semaine de moins qu’il y a dix ans (voir l’article connexe « Prêche entrepreneurial »). Pas de bol, cela ne signifie pas pour autant qu’il se tourne les pouces. En effet, en France, un travailleur indépendant travaille en moyenne 689 heures par an de plus qu’un salarié. Le temps de travail d’un salarié français est de 1 646 heures par an (temps le plus faible des vingt-huit pays de l’Union Européenne) quand celui du TNS1 serait de 2 335 heures. Et c’est toujours en France que l’écart entre les deux est le plus prononcé. Et à Eurostat de bien préciser que ces chiffres sont à prendre avec des pincettes, les données étant difficilement accessibles et les réalités économiques souvent alambiquées.

Pour en savoir plus, c’est ici.

L’article : Temps de travail: ils bûchent, ils bûchent, les indépendants ( L’Express l’Entreprise, 15 juin 2016)

Interview d’un indépendant effronté qui travaille gratuitement

Ici, on parle du travail gratuit mais pas n’importe lequel (n’acceptez ô grand jamais du travail gratuit de la part d’un client !). Patrick Van Hoof, l’interviewé de cet article, propose toujours un audit gratuit en amont. Il rencontre une première fois gratuitement son prospect, afin de discuter de ses problématiques et de proposer un plan adapté. Ce qui lui permet de prouver d’ores et déjà ses compétences. Ensuite, une fois l’objectif défini par les deux parties, Patrick propose de facturer en fonction du résultat obtenu. Cela lui permet aussi de faire le tri dans les projets à accepter : il ne prend que ceux où il lui est possible d’apporter une solution au problème du client. Il propose aussi de temps en temps des séminaires en ligne et dédie une plage horaire journalière à continuer de se former en marketing. Pour lui apparemment, c’est un plaisir de faire ça, et ses conseils peuvent nous être bien utiles.

L’interview : Du travail gratuit pour convertir un prospect en client ? (Freelanceboost.fr, Jonathan PATH)

Leur jardin secret

Vous ne le saviez peut-être pas, mais la population rurale a recommencé à croître depuis une dizaine d’années. Et il s’avèrerait que cela est notamment du fait de l’augmentation des travailleurs indépendants. En effet, le salariat est un phénomène urbain : la ville et le salarié sont indissociables.

L’article est très complet et se pose les bonnes questions pour mener une réflexion pertinente. Il appert ainsi qu’à la campagne, « l’indépendance et la polyvalence sont bien plus nécessaires qu’en ville », et qu’au final, l’environnement rural présente de nombreux avantages pour le freelance : meilleure qualité de vie, moindres coûts, et on en passe. Le principal risque à affronter est l’isolement et le manque de relations sociales. C’est d’ailleurs ce qui est identifié par l’article comme étant le principal facteur décourageant d’une installation à la campagne. Cependant, il faut prendre en compte que la campagne d’aujourd’hui n’est évidemment pas celle d’antan ! On parlerait même d’une ruralité numérique, qui accueillerait les néo-ruraux…

L’article : Les freelances qui vont repeupler nos campagnes (Zevillage, William, 10 mai 216)

NKM courrait-elle les jupons des indés ?

La candidate des primaires de la droite Nathalie Kosciusko-Morizet s’intéresse aux travailleurs indépendants et en fait même un des points principaux de son projet politique. Elle prône la création d’un statut général du travailleur indépendant, afin que cela devienne « véritablement une chance » de l’être. Pour elle, cette évolution du travail est clairement un « nouveau monde » qui émerge, et qui va petit à petit supplanter le salariat. Déjà, le CDI et le CDD sont des notions dépassées, et la sécurité du travailleur indépendant devient la principale problématique. Ainsi, sur son site, elle veut accompagner le mouvement du travail indépendant en réformant le financement de la protection sociale et en instaurant des règles particulières pour rasséréner le TNS qui peut se trouver dans une situation de dépendance économique. Plus la suppression de la « requalification » des Prud’hommes, puisque cette sanction ne sera alors plus d’aucune utilité. Voici la vidéo de son intervention sur le sujet chez RTL.

La vidéo et commentaire : Nathalie Kosciusko-Morizet propose la création d’un « statut du travailleur indépendant » ( RTL Emploi, Olivier MAZEROLLE et Ludovic GALTIER, 20 juin 2016)

Analyse et gestion de ses petits dessous

Et on termine par un petit guide d’utilisation de Google Analytics, afin de bien tirer profit de la fameuse data. Car celle-ci est en train d’évoluer : le regard porté sur elle ne doit plus être le même. « Les questions que se posent les décideurs du numérique aujourd’hui concernent davantage des valeurs relatives que des valeurs absolues », et les outils de recueil de données se sont multipliés. L’objectif est maintenant de réconcilier toutes ces données pour en tirer quelque chose de cohérent. Il faut savoir donc faire le tri dans la data et accepter les imprécisions, sans que ça devienne le foutoir pour autant.

L’article : Comment bien piloter sa data grâce à Google Analytics (Maddyness, MBAMCI, 17 juin 2016)

Bonus

Et le point incontournable sur la loi Sapin II, qui est passée à l’Assemblée nationale le 14 juin dernier, et qui a subit de nombreuses modifications en conséquence - en voici le récapitulatif.