Revue de Presse

La parole aux indés !

Publié le 20 mai 2016 par Garance Dansette
Parce que l’on croit que chaque voix mérite d’être entendue, il faut savoir distribuer la parole équitablement. Cette semaine on la partage entre les chauffeurs Uber, les designers, les développeurs et les femmes !

Aux chauffeurs de VTC hésitants

Non non, nous ne sommes pas redondants (cf. article connexe). Si l’on vous ressert le sujet des VTC cette semaine, c’est parce que il y a des chamboulements de ce côté. L’URSSAF a en effet annoncé qu’elle avait attaqué en justice Uber fin 2015, ce dernier ayant refusé de payer les cotisations suite à la requalification des chauffeurs - actuellement sous le statut de TNS (Travailleur Non Salarié) - en salariés, et donc ayant droit à la sécurité sociale. Mais cette affaire n’est que la partie immergée de l’iceberg ; derrière, il y a toute la problématique de l’évolution du travail. Les travailleurs indépendants représentent une part toujours plus importante des actifs, et le flou qui existe autour de leur statut pose problème. De nombreux abus y prennent source, et ce des deux côtés. Le statut d’indépendant est parfois imposé par un « client-employeur », car il comporte de nombreux avantages pour ce dernier, notamment la flexibilité. Et compte tenu de la précarisation du marché du travail, on est souvent obligé de s’y plier. Et puis, parce que les indés ne sont pas tous des gentils, d’aucuns tentent d’arracher un CDI, ou de fastes indemnités à leur client - ce qui peut finir par porter préjudice à l’ensemble des indépendants. Il est donc impératif de clarifier la distinction entre salarié et indépendant - voire même de la supprimer, notamment quant aux régimes sociaux.

L’article : Pour l’Urssaf, le chauffeur Uber est un salarié ( La Croix, Nathalie BIRCHEM, 16 mai 2016)

Aux designers démunis

Et c’est justement à propos des différences entre les régimes sociaux , mais cette fois-ci au sein-même des travailleurs non-salariés, que des designers se sont indignés la semaine dernière. En effet, la MDA (Maison Des Artistes) leur refuse jusqu’à maintenant leur affiliation pour le motif qu’ils n’ont pas le statut d’auteur. Ce que conteste ardemment François Caspar ! En effet, les témoignages de plusieurs designers décrivent plusieurs situations où leur production est considérée et appréciée en tant qu’oeuvre, à l’instar d’Inga Sempé, dont les croquis de canapés ont été demandés par le Musée des Arts Décoratifs. Leur spécificité tient d’ailleurs à ce qu’ils mélangent les différents arts tels que le design, la photo, le dessin, la peinture. En conséquence, la segmentation trop rigide de la MDA n’est plus adéquate, comme le montre le cas de Philippe qui a élargi son activité de graphiste en dessinant des lustres et s’est alors vu retirer le statut d’auteur.

L’article : Des designers privés de sécurité sociale envahissent la Maison des Artistes (Télérama, Xavier de JARCY, 13 mai 2016)

Aux développeurs décryptés

Voici un récapitulatif et une analyse de l’étude Stack Overflow Developer Survey 2016, menée auprès de 56 000 développeurs, majoritairement américains et dont 10% sont des non-salariés. A partir de celle-ci, Frenchweb.fr brosse le portrait du développeur-type pour 2016. Ainsi, on apprend que seuls 13% des développeurs interrogés sont autodidactes, ce qui casse un peu le mythe. Et que pour plus de 60% d’entre eux, la rémunération reste la motivation principale. En outre, et sans surprise, ils sont mieux payés aux États-Unis, et de façon générale, les développeurs salariés à temps plein sont mieux rémunérés que leurs confrères freelances.

L’article : Voici le portrait-robot du développeur en 2016 (Frenchweb.fr, Claire SPORH, 18 mars 2016)

Aux femmes visionnaires

Un article global des plus intéressants qui a fait suite au forum des femmes au travail organisé par Elle Active les 8 et 9 avril à Paris. Ce forum avait pour but de dégager et de débattre autour des tendances futures vers lesquelles le marché du travail s’oriente. Trois grands axes ont été mis en évidence. Tout d’abord, la nécessité pour tous les travailleurs de ne pas négliger la formation continue, notamment parce que les facettes et les étapes de notre parcours professionnel se démultiplient. Il faut donc savoir se remettre en question et se maintenir à l’affût pour apprendre de nouvelles choses. Ensuite, la cocréation, le travail « en mode projet, sans chef, avec des équipes qui changent régulièrement de leader » seront mis en exergue. Ce qui amène la journaliste à conclure que « si, demain, nous ne serons pas tous des entrepreneurs, nous serons tous, plus ou moins, des intrapreneurs ». Enfin, la troisième tendance suggérée : « le bureau nomade et hybride », qui serait la généralisation des phénomènes de télétravail et de coworking. Le tout égayé de trois témoignages rapides de « ceux qui le font déjà ».

L’article : Travail : Bienvenue en 2026 (Elle, Julia DION, 8 avril 2016)